Le Centre de Formation Judiciaire (CFJ) a tenu, ce jeudi, sa 5ᵉ session ordinaire de l’année au siège de l’institution. Présidée par la Secrétaire Générale du Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, Mme Irène Marie Hadjimalis, représentant le Garde des Sceaux Yaya Kairaba, cette session s’est déroulée en présence de l’ensemble des membres du Conseil d’Administration du CFJ et de plusieurs personnalités du monde judiciaire.
Durant deux jours, du 28 au 29 août, les participants se pencheront sur des sujets cruciaux : examen des rapports d’activités 2024 et du premier semestre 2025, présentation du compte financier 2024, validation du projet de budget 2026, et évaluation du processus de recrutement des futurs auditeurs de justice et élèves greffiers.
Dans son allocution d’ouverture, Mme Hadjimalis a tenu à rappeler l’importance stratégique de cette instance de gouvernance du CFJ.
« Le Conseil d’administration est le garant de la vision à long terme du Centre. Il définit les orientations pédagogiques, approuve les budgets, contrôle la qualité des formations et veille à l’atteinte des objectifs », a-t-elle affirmé. Elle a souligné que l’État attend de cette structure qu’elle soit à la hauteur des défis de professionnalisation et d’éthique des acteurs judiciaires, dans un contexte marqué par une volonté gouvernementale de bâtir une justice plus crédible, moderne et accessible.
« En faisant ces rappels au nom de Monsieur le Garde des Sceaux, je voudrais vous dire que le département mesure pleinement la portée de la mission qui vous est confiée et qui demeure l’un des piliers stratégiques de la consolidation de notre État de droit. Le CFJ, par sa vocation à former, perfectionner et accompagner les magistrats ainsi que les auxiliaires de justice, s’inscrit au cœur de l’ambition du Gouvernement : celle de bâtir une justice moderne, impartiale, crédible et accessible à tous nos concitoyens. Car il n’existe point de magistrature forte, ni de système judiciaire digne de confiance, sans une formation rigoureuse, exigeante et adaptée aux réalités contemporaines. L’ordre du jour de cette session illustre à suffisance l’importance des enjeux. L’examen des rapports d’activités 2024 et 2025 permettra de dresser, avec lucidité, le bilan des avancées enregistrées et des insuffisances à corriger. L’analyse du compte financier 2024, du projet de budget rectificatif 2025 et du budget prévisionnel 2026 constituera, quant à elle, un exercice essentiel pour apprécier les efforts déjà consentis et évaluer les besoins impérieux qui conditionnent l’efficacité et la pérennité du Centre.»
De son côté, Manga Douba Sow, président du Conseil d’Administration, a plaidé pour un renforcement institutionnel et matériel du CFJ. Il a insisté sur la nécessité de ‘’régularité dans le recrutement et la formation’’, de révision des textes juridiques encadrant le Centre, mais aussi sur la synergie indispensable entre le CFJ, le Conseil Supérieur de la Magistrature et les associations professionnelles. Pour lui, former un magistrat ou un greffier, c’est bâtir l’avenir de la République.
« la présente session du conseil d’administration doit prendre en compte les exigences et les difficultés auxquelles le centre de formation judiciaire est confronté. Dès lors, dans les débats, réflexions et recommandations, la session aura à indiquer les pistes de solutions qu’elle peut exhorter le ministère de la Justice et du Droit de l’Homme à pied du centre de formation judiciaire pour leur droit. Le conseil d’administration doit donc exhorter la direction du centre et le ministère de la Justice à diriger le déploiement des magistrats et greffer le gouvernement sorti du centre afin de condamner le déficit en termes de personnel et de cours d’études. Il n’est pas sans savoir qu’une promotion des greffiers, une promotion des magistrats, terminer la formation, elle doit prêter sa main, mais pour les exigences de protocole, l’administration attend. Voilà pour tant de questions que nous aurons à débattre au cours de cette session. »
Alhassane Naby Camara, Directeur General du Centre de Formation Judiciaire (CFJ) également membre influent du Conseil, a quant à lui mis l’accent sur les défis persistants : déficit budgétaire, infrastructures insuffisantes, manque de ressources humaines, mais aussi sur les mutations profondes qui imposent au CFJ une constante adaptation. Il a salué l’agenda de cette session, qu’il juge ‘’ambitieux et structurant’’ pour l’avenir de l’institution.
« La présente session du Conseil d’administration du Centre de Formation Judiciaire (CFJ) se tient dans un contexte difficile en dépit des réformes institutionnelles et judiciaires profondes, engagées par la République de Guinée afin de moderniser et de crédibiliser son système judiciaire. Elle s’inscrit pleinement dans la mission statutaire du Conseil, qui est d’assurer l’orientation stratégique, le contrôle de gestion et l’évaluation des performances du CFJ, dans le but ultime de garantir l’excellence de la formation initiale et continue des acteurs judiciaires. L’ordre du jour de cette session ordinaire traduit cette ambition. Il ne s’agit pas seulement de dresser un état des lieux rigoureux des activités et des comptes financiers, mais également d’ouvrir des perspectives claires pour la consolidation et le rayonnement du Centre. En votre qualité d’administrateur, vous aurez à examiner les résultats enregistrés au cours de l’année 2024 et ceux des deux premiers trimestres 2025, à travers les rapports d’activités et le compte financier, afin d’apprécier les acquis et de tirer les enseignements nécessaires. »
Cette 5e session ordinaire du Conseil d’Administration du Centre de Formation Judiciaire s’est ouverte dans un esprit de responsabilité et d’engagement. Face aux défis de modernisation du système judiciaire guinéen, le CFJ apparaît plus que jamais comme un maillon essentiel dans la consolidation de l’État de droit. Les travaux en cours traduisent une volonté claire de hisser la formation judiciaire à un niveau d’excellence. Les résolutions attendues de cette session pourraient marquer un tournant décisif dans la professionnalisation des acteurs de justice et la refondation durable de l’institution judiciaire guinéenne.
Ousmane Bony Sylla, pour leperroquetguinee.com


