La Cour constitutionnelle de Thaïlande a annoncé, vendredi, la destitution de la Première ministre Paetongtarn Shinawatra, plongeant une nouvelle fois le pays dans une période d’incertitude politique. Fille de l’ancien chef du gouvernement Thaksin Shinawatra et héritière d’une dynastie politique qui domine et divise la vie publique depuis plus de deux décennies, Paetongtarn était considérée comme la figure de continuité d’un clan longtemps populaire auprès des zones rurales et urbaines défavorisées.
La décision de la Cour survient dans un climat déjà tendu, où l’équilibre fragile entre institutions, armée et partis politiques semblait vaciller. Pour ses partisans, cette destitution illustre une nouvelle offensive de l’appareil judiciaire et des élites conservatrices contre la famille Shinawatra, régulièrement accusée de corruption et d’abus de pouvoir. Ses détracteurs, en revanche, saluent une sanction nécessaire, estimant que le pouvoir de Paetongtarn s’inscrivait dans la même logique que celle de son père et de sa tante, tous deux eux-mêmes évincés du pouvoir par des coups de force judiciaires ou militaires.
Cette décision ouvre désormais une nouvelle période d’incertitude pour le pays. Les regards se tournent vers le Parlement et les forces politiques thaïlandaises, qui devront désigner un nouveau chef de gouvernement dans un contexte de polarisation extrême. L’armée, acteur clé de la vie politique thaïlandaise, pourrait également jouer un rôle déterminant dans les semaines à venir.
Depuis plus de vingt ans, la Thaïlande alterne entre gouvernements proches de la famille Shinawatra, renversés les uns après les autres, et des exécutifs soutenus par l’armée et les élites conservatrices. La destitution de Paetongtarn Shinawatra ne fait que confirmer cette spirale de tensions et d’instabilité qui caractérise le pays, laissant planer de nouvelles interrogations sur l’avenir démocratique de la nation.


