Dans un monde saturé par des comparaisons frivoles, il est devenu presque naturel d’aspirer à être à la place de l’autre.
Cependant, cette aspiration, aussi humaine soit-elle, porte en elle un piège: celui de s’éloigner de soi au point d’oublier que chaque existence possède un sens qui ne se découvre que de l’intérieur.
Dans ce monde plein d’embûches, nous croyons parfois que la vie des autres est plus douce, plus fluide, plus lumineuse voire mielleuse. Pourtant, cette perception qui anime bon nombre de personnes, n’est qu’un mirage tronqué, un reflet façonné par nos propres marques.
Et plus souvent, nous sommes fascinés par la façade en ignorant les prières silencieuses, les nuits blanches teintées d’inquiétudes, des renoncements cachés qui façonnent le parcours de l’autre.
Oubliant que la sagesse nous enseigne justement ceci: « Nul ne connaît le poids réel de la charge qu’il convoite. »
C’est de savoir que vouloir être à la place d’autrui, peut naître de l’illusion, mais aussi de l’injustice.
Dans les deux cas, ce détournement du regard nous déroute d’une interrogation à la fois banale et essentielle: Qu’ai-je fait de la vie qui m’a été confiée ?
Dans toutes les traditions spirituelles, une vérité:
Vouloir être à la place d’autrui peut naître de l’illusion, mais aussi de l’injustice.
Dans toutes les traditions spirituelles, une vérité revient : la vie n’offre jamais des opportunités gratuites à qui que ce soit par erreur. Il y a toujours une leçon, des épreuves de terrain de croissance, une énergie personnelle à révéler.
Alors, se détourner de son propre destin, c’est refuser le chantier intérieur, celui que personne ne peut mener à notre place.
Ainsi, dans ce que nous entreprenons, la comparaison perturbe notre paix et complique notre mission que Dieu a voulue simple.
Oui, chacun possède sur terre un espace ou une portion sacrée de responsabilité, un territoire intime où ses étoiles peuvent briller.
Revenir à soi et à ses racines n’est pas un acte d’égoïsme, mais une action de lucidité et de loyauté.
En clair, il s’agit de reconnaître que la providence divine, quel que soit le nom que chacun lui attribue, n’est nullement l’émanation des imitions que nous accordons aux autres, mais que nous accomplissons pleinement.
A ce stade de ma pensée, il est important de comprendre que la spiritualité authentique ne dit pas: « Accepte ta place et tais-toi. » Elle dit: « Habite ta place et fais-en un espace de croissance, de vérité et d’impact positif. » Sachant que la vie alignée n’est jamais petite parce qu’elle rayonne.
De l’autre bout de ce monde si ingrat, une société où chacun assume sa responsabilité, devient une société plus juste, plus harmonieuse, plus ancrée dans la contribution et surtout, moins agitée.
Avant d’envier le chemin de l’autre, il nous faut donc écouter cette voix intérieure que nous négligeons trop souvent: celle qui nous rappelle que nous avons, nous aussi, une œuvre à accomplir en toute sincérité, un pas à faire vers le progrès, une graine à faire grandir.
C’est là que commence la maturité d’une personne réfléchie. Et c’est là renaît la paix qui ne doit dépendre de personne d’autre que de la manière dont nous décidons d’habiter notre propre vie. Ensemble, comprenons que la paix et la prospérité de notre nation passe par chacun de nous et où que nous soyons sur cette Terre.
Par Ousmane Bony Sylla, administrateur civil


