Le communiqué est tombé avec la précision d’une horloge suisse. Ce mercredi 7 janvier, après un ultime tour de table au Palais de la Présidence, le gouvernement ivoirien a officiellement cessé d’exister. Si le départ du Premier ministre et de son équipe était attendu dans les couloirs du pouvoir, il n’en demeure pas moins un séisme politique majeur qui redessine les contours du sommet de l’État.
Un départ « propre », mais sans appel
Alassane Ouattara a accepté cette démission collective avec une sobriété toute présidentielle. Les remerciements d’usage pour « la contribution au développement du pays » n’ont toutefois pas masqué une exigence de fond : les ministres sortants sont priés d’expédier les affaires courantes sans traîner. Le message est limpide : le Président veut faire table rase pour lancer, sans plus attendre, une nouvelle dynamique.
Ce départ groupé n’est pas une sanction, mais un constat de fin de cycle. Après la victoire écrasante du parti présidentiel aux législatives du 27 décembre, l’exécutif actuel n’avait plus la légitimité politique pour porter la suite du mandat. En rendant leurs tabliers, les ministres libèrent l’espace pour une recomposition totale, permettant au chef de l’État de reprendre la main sur son calendrier.
La fin du confort pour les ministres
Cette démission vient surtout mettre un terme, au moins temporairement, à une situation qui devenait inconfortable pour l’image de la démocratie ivoirienne : le cumul des mandats. En quittant leurs bureaux ministériels, ces hommes et ces femmes perdent leur double casquette de ministre-député. C’est un moment de vérité pour beaucoup d’entre eux : resteront-ils au Parlement pour exercer leur mandat législatif ou seront-ils rappelés au gouvernement ?
Une attente fébrile
En Côte d’Ivoire, la démission du gouvernement est toujours vécue comme un moment de suspension nationale. Pour les populations, c’est l’espoir d’un souffle nouveau ; pour la classe politique, c’est une période de tractations intenses dans l’ombre du Plateau. Alassane Ouattara a désormais les coudées franches. En acceptant cette démission, il s’est offert le luxe du choix : celui de reconduire les fidèles ou de remercier ceux qui n’ont pas su tenir le rythme imposé par ses ambitions pour le pays.
Le Palais est désormais vide d’exécutif, mais l’ombre du Président n’a jamais été aussi présente. L’acte de démission est posé, le terrain est déblayé. Reste maintenant à savoir qui, dans les prochains jours, aura le privilège de franchir à nouveau le perron de la présidence.


