Les audiences criminelles ont été officiellement ouvertes ce mardi 20 janvier 2026 au tribunal de première instance de Kankan, exceptionnellement délocalisé au siège de la Cour d’appel. La cérémonie solennelle s’est déroulée en présence de nombreuses autorités administratives, judiciaires et religieuses, ainsi que de familles de victimes, venues assister à ce moment fort de la vie judiciaire de la région.


Présidant la cérémonie, le président du tribunal de première instance, Mamadou Saliou Diakité, a tenu à rassurer l’opinion publique sur la neutralité, la rigueur et l’impartialité qui guideront les débats tout au long de cette session criminelle.
« Je voudrais dire ici solennellement, avec fermeté, et rassurer sans hésitation que tout au long de ces audiences criminelles, le droit sera dit, rien que le droit. J’invite donc la population à faire confiance à la justice, car aucun innocent ne sera condamné, encore moins un coupable acquitté. C’est sur ces mots que je déclare ouvertes les audiences criminelles », a-t-il déclaré.


Prenant la parole à son tour, le procureur de la République près le tribunal de première instance de Kankan, Fodé Bintou Keïta, a inscrit la tenue de ces audiences dans le cadre de la politique pénale de lutte contre la criminalité organisée mise en œuvre dans le ressort de la Cour d’appel de Kankan.
« Dans la foulée de notre politique pénale visant à lutter contre la criminalité organisée, nous avons lancé aujourd’hui ces audiences criminelles afin que chaque justiciable soit situé sur son sort. Les dossiers seront examinés par des juges professionnels, avec rigueur et responsabilité. Ceux qui seront reconnus coupables répondront de leurs actes conformément à la loi, et ceux contre lesquels il n’existe pas d’éléments suffisants retrouveront leur liberté. Notre objectif fondamental est clair : lutter sans faiblesse contre la criminalité », a-t-il souligné.
Poursuivant son intervention, le procureur de la République a précisé la nature des dossiers inscrits au rôle de cette session criminelle.
« Huit dossiers portant sur des faits d’une extrême gravité seront examinés. Il s’agit notamment de crimes de meurtre, de mutilations avec armes blanches ayant entraîné des amputations, de vols à main armée, d’associations de malfaiteurs, de viol sur mineure, de menaces de mort et d’autres infractions connexes. L’objectif est clair : que de tels actes ne se reproduisent plus dans notre ressort judiciaire », a-t-il expliqué.
En conclusion, Fodé Bintou Keïta a réaffirmé la ferme détermination de son parquet à faire appliquer la loi dans toute sa rigueur.
« Je rassure que mon parquet ne tolérera aucune violation de la loi. Ceux qui ont choisi de troubler l’ordre public me trouveront sur leur chemin. Nous ferons strictement usage de ce que la loi nous recommande », a-t-il martelé.
Parmi les affaires inscrites au rôle figure un conflit domanial survenu en septembre 2024 à Sanana, dans la commune rurale de Gbérédou-Baranama. Ce drame avait coûté la vie à un enfant de Moussa You Condé, tandis qu’un autre avait été amputé du bras lors des affrontements.
Présent à l’audience, le père de famille a exprimé son soulagement à l’ouverture de ce procès tant attendu.
« Je remercie Dieu pour ce jour. Je suis un peu soulagé après ce qui m’est arrivé. Des individus sont venus attaquer ma famille et mon village à cause d’un domaine qui m’appartient. J’espère que cette audience se déroulera dans la plus grande transparence », a-t-il confié.
Avec l’ouverture de ces audiences criminelles, les autorités judiciaires de Kankan affichent clairement leur volonté de lutter sans relâche contre les infractions graves, tout en œuvrant à renforcer la confiance des citoyens dans l’institution judiciaire.