La Guinée s’engage résolument dans un nouveau cycle électoral, conformément aux dispositions du nouveau Code électoral adopté le 27 septembre 2025. Ce vaste processus électoral concernera les élections législatives, communales, régionales et sénatoriales, avec à la clé d’importantes innovations aussi bien sur le plan juridique qu’opérationnel.

C’est dans ce contexte que la Directrice générale des élections (DGE), Madame Camara Djenabou Touré, a animé un point de presse le samedi 31 janvier 2026, dans la salle de réunion du gouvernorat de Kindia. La rencontre s’est tenue en présence des autorités administratives territoriales et des hommes de médias de la région administrative de Kindia.

Un projet de chronogramme en attente de validation présidentielle

Selon la Directrice générale des élections, les cadres de la DGE ont travaillé à l’élaboration d’un tableau de bord juridique ainsi qu’à un projet de chronogramme électoral, qui sera soumis à l’autorité compétente, notamment le Président de la République, chargé de fixer les dates des différents scrutins.

« Les élections restant à organiser sont les élections législatives, communales, régionales et sénatoriales », a rappelé Mme Camara Djenabou Touré.

Elle a précisé que, dans l’ordre chronologique, la DGE proposera un couplage des élections législatives et communales, un calendrier que le Chef de l’État devra examiner et valider courant le mois de février 2026.

Fixation des dates et convocation du corps électoral : une phase technique essentielle

Répondant aux interrogations sur la procédure, la Directrice générale des élections a expliqué la nécessité de fixer d’abord les dates avant de convoquer le corps électoral.

« Entre la fixation de la date et la convocation du corps électoral, l’organe de gestion électorale doit accomplir un travail technique important », a-t-elle indiqué.

Ce travail comprend notamment l’édition des duplicatas de cartes d’électeurs pour les citoyens ayant perdu leurs cartes. Bien que la loi prévoit le paiement de ces duplicatas, la DGE entend rendre leur édition et leur distribution gratuites, à travers une décision officielle.

Par ailleurs, la DGE procédera au traitement des dossiers de candidature pour les élections législatives. En ce qui concerne les élections communales, les candidatures seront déposées au niveau des communes urbaines et rurales, sous la supervision des démembrements de la DGE, conformément au tableau de bord juridique établi.

Trois scrutins possibles en cas de couplage

S’agissant du déroulement des scrutins, Mme Camara Djenabou Touré a apporté des précisions détaillées. Pour les élections législatives, deux types de scrutins sont prévus :

le scrutin de liste à la représentation proportionnelle (liste nationale) ;

le scrutin uninominal ou plurinominal au niveau des circonscriptions électorales (préfectures, communes de Conakry et circonscriptions des Guinéens de l’étranger).

En cas de couplage avec les élections communales, chaque électeur sera amené à voter trois fois :

pour la liste nationale,

pour les candidats de sa circonscription,

pour les conseillers communaux.

Élections régionales et sénatoriales : une chronologie encadrée

L’exécutif communal (maire et vice-maire) sera élu par les conseillers communaux, lors d’une session convoquée par le ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, conformément aux quotas fixés par arrêté.

Une fois les conseils communaux installés, la DGE pourra fixer la date des élections régionales, auxquelles seuls les conseillers communaux, à l’exception des exécutifs, seront à la fois candidats et électeurs, jouant ainsi le rôle de grands électeurs.

Ce n’est qu’après l’installation des conseils régionaux que se tiendront les élections sénatoriales. Les deux tiers des sénateurs seront élus par les conseillers communaux et régionaux, tandis que le dernier tiers sera désigné par le Président de la République par décret.

« La loi prévoit des délais précis : 60 jours pour la convocation du corps électoral et jusqu’à 90 jours pour la fixation des dates des élections législatives et communales, puis 60 jours pour les élections régionales et sénatoriales », a souligné la Directrice générale des élections.

Vers un processus électoral structuré et progressif

À travers ces explications, la DGE entend rassurer l’opinion nationale sur la clarté du processus électoral, son respect strict du cadre légal et la volonté des autorités de conduire des élections inclusives, transparentes et crédibles, dans le respect de la chronologie fixée par la loi.

 

Kindia: Amara Sylla, pour leperroquetguinee.com