Conakry – La Cour suprême de Guinée a servi de cadre, ce jour, à une visite de courtoisie et de prise de contact du Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme. À cette occasion, deux discours majeurs ont marqué la rencontre : celui du Premier président de la Cour suprême, Fodé Bangoura, et celui du ministre Ibrahima Sory II Tounkara.

Dans son allocution de bienvenue, le Premier président de la Cour suprême a salué la présence du ministre au sein de la plus haute juridiction du pays, soulignant la portée symbolique et institutionnelle de cette visite. Il a adressé, au nom de l’ensemble des magistrats et du personnel, ses félicitations au Garde des Sceaux pour la confiance placée en lui par le Président de la République, Mamadi Doumbouya, à l’issue de l’élection présidentielle du 28 décembre 2025.

Fodé Bangoura a mis en exergue l’expérience du ministre, ancien Premier président de la Cour d’appel de Conakry, estimant qu’elle constitue un atout déterminant pour impulser les réformes nécessaires et renforcer l’État de droit. Rappelant le rôle fondamental de la Cour suprême dans la garantie de l’unité de la jurisprudence, la protection des droits et libertés fondamentaux et la correcte application de la loi, il a réaffirmé l’attachement de l’institution aux principes d’indépendance, d’impartialité et de respect strict de la Constitution.

Évoquant les défis majeurs du système judiciaire guinéen — modernisation des infrastructures, amélioration des conditions de travail, renforcement des capacités des acteurs judiciaires, célérité des procédures et accès équitable à la justice — le Premier président a assuré de la disponibilité de la Cour suprême à accompagner, dans le respect des attributions de chacun, toute initiative visant à consolider l’efficacité et la crédibilité de la justice.

Prenant la parole à son tour, le Garde des Sceaux, Ibrahima Sory II Tounkara, a exprimé sa gratitude au Chef de l’État pour la confiance accordée. Il a inscrit sa démarche dans le cadre d’une tournée de prise de contact avec les juridictions et institutions relevant de son département, notamment la Cour suprême, le Conseil supérieur de la magistrature, la Cour des comptes et la CIEF.

Le ministre a souligné que ces échanges francs ont permis d’aborder sans détour les forces et les insuffisances du système judiciaire. Rappelant que « la justice est la boussole qui oriente l’État », selon les propos du Président de la République, il a insisté sur la nécessité d’une refondation profonde de la justice guinéenne, socle de tout développement et pierre angulaire de l’État.

S’adressant à la population, le Garde des Sceaux a lancé un appel à la confiance, affirmant que la justice guinéenne appartient aux Guinéens et qu’elle sera rendue par des magistrats guinéens, au service exclusif du peuple. Il a réitéré son engagement à œuvrer, avec l’ensemble des acteurs, pour une justice crédible, moderne et respectée.

Cette rencontre au sommet de l’appareil judiciaire marque ainsi une étape importante dans le renforcement du dialogue institutionnel et dans la volonté affichée des autorités de restaurer durablement la confiance des citoyens envers la justice guinéenne.