Conakry – Dans le cadre de ses visites de courtoisie au sein des institutions relevant de son département, le Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory II Tounkara, a réaffirmé sa volonté d’engager un dialogue sincère et inclusif pour redonner confiance aux citoyens dans la justice guinéenne.

S’exprimant au terme d’une tournée ayant conduit la délégation ministérielle à la Cour suprême, au Conseil supérieur de la magistrature (CSM), à la Cour des comptes et à la CIEF, le ministre a d’abord exprimé sa reconnaissance au Mamadi Doumbouya, Président de la République, pour la confiance placée en sa « modeste personne ». Selon lui, ces rencontres visaient à « discuter sans détour de ce qui va et de ce qui ne va pas au sein de la justice », dans l’esprit du message présidentiel faisant de la justice « la boussole qui doit orienter l’État ».

Pour le Garde des Sceaux, la justice est « le socle de tout développement » et « la pierre angulaire de l’État ». Service transversal par excellence, elle nécessite une réflexion collective avec l’ensemble des chefs de services afin de poser les bases d’une refondation durable. Il a, à cet effet, appelé la population guinéenne à croire en sa justice, rappelant que « l’on peut importer beaucoup de choses pour bâtir un système judiciaire, sauf des magistrats : seuls des magistrats guinéens peuvent juger en Guinée ». Une promesse d’engagement ferme a été faite pour restaurer la confiance des justiciables.

Une visite institutionnelle au CSM marquée par la franchise

Au Conseil supérieur de la magistrature, le Secrétaire exécutif, Alpha Saliou Barry, a salué la portée institutionnelle de la visite du ministre, intervenue à un moment délicat pour l’organe constitutionnel garant de l’indépendance du pouvoir judiciaire. Il a rappelé que le CSM, mis en place depuis le 9 juillet 2014 conformément aux lois organiques encadrant le statut des magistrats et son fonctionnement, traverse une crise liée notamment à des nominations et affectations intervenues sans son avis.

Parmi les conséquences évoquées figurent la promotion de magistrats sanctionnés, l’accession prématurée de jeunes magistrats à des juridictions supérieures, ainsi que la paralysie de la Cour des comptes, privée de ses juges financiers. Le Secrétariat exécutif a plaidé pour la correction de ces situations et pour un respect strict des prérogatives du CSM.

Tout en soulignant le principe intangible de la séparation des pouvoirs, les responsables du CSM ont insisté sur la nécessité d’une coopération loyale entre institutions. Les défis à relever sont nombreux : modernisation des outils de gestion, amélioration des conditions de travail des magistrats, célérité des procédures, intégrité et formation continue, ainsi qu’une gouvernance judiciaire plus efficiente.

En conclusion, cette série de visites marque, selon les acteurs rencontrés, le point de départ d’une collaboration institutionnelle renforcée entre le ministère de la Justice et les organes judiciaires, avec pour objectif commun l’édification d’une justice indépendante, crédible et véritablement au service du peuple guinéen.