Conakry, 23 février 2026 – Le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, Ibrahima Sory II Tounkara, a effectué ce lundi une visite de prise de contact au sein de la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF), dans le cadre d’une tournée institutionnelle visant à renforcer le dialogue avec les principales juridictions du pays.

Cette démarche s’inscrit dans la dynamique impulsée par le président de la République, Mamadi Doumbouya, qui place la justice au cœur de la refondation de l’État et du développement national. Avant la CRIEF, le ministre et sa délégation ont successivement visité la Cour suprême de Guinée, le Conseil supérieur de la magistrature et la Cour des comptes de Guinée.

La CRIEF, pilier de la lutte contre la criminalité financière

Dans son allocution de bienvenue, prononcée au nom de la juridiction, Monsieur Francis Kova Zoumanigui a rappelé que la CRIEF est née d’une volonté politique affirmée de lutter efficacement contre la corruption, le détournement de deniers publics, l’enrichissement illicite et le blanchiment de capitaux. Juridiction spécialisée, elle agit conformément aux principes constitutionnels d’indépendance de la justice, du respect des droits de la défense et du procès équitable, tout en honorant les engagements internationaux de la Guinée, notamment ceux issus de la Convention des Nations unies contre la corruption.

Depuis sa mise en place, la CRIEF a instruit et jugé plusieurs dossiers d’envergure, contribué à la récupération d’actifs, dissuadé la criminalité financière et participé à l’édification d’une jurisprudence nationale en matière d’infractions économiques et financières. Des avancées obtenues, a-t-il souligné, grâce à l’engagement et au professionnalisme du personnel judiciaire et administratif, malgré des conditions parfois contraignantes.

Des défis structurels à relever

Le discours a également mis en lumière les principaux défis auxquels la juridiction demeure confrontée, notamment le déficit de ressources humaines spécialisées, l’insuffisance de formations continues adaptées à la complexité croissante de la criminalité financière, ainsi que le manque d’équipements techniques et technologiques modernes. La digitalisation intégrale des procédures judiciaires et le renforcement du cadre normatif figurent parmi les priorités évoquées pour accroître l’efficacité et la crédibilité de l’action judiciaire.

Un message de confiance et d’engagement

Prenant la parole, le Garde des Sceaux a salué l’accueil qui lui a été réservé et réaffirmé la vision présidentielle selon laquelle « la justice constitue la boussole de l’État ». Il a insisté sur la nécessité d’un dialogue sincère entre les acteurs du système judiciaire afin d’identifier les forces et les insuffisances, dans l’objectif de refonder une justice plus efficace et plus proche des citoyens.

S’adressant à la population guinéenne, le ministre a lancé un message de confiance : « Cette justice est la nôtre. Seuls des magistrats guinéens peuvent juger en Guinée. Nous ferons tout pour que le peuple ait confiance en sa justice, car elle est le socle de tout développement et la pierre angulaire de l’État de droit. »

Par cette visite, le ministère de la Justice réaffirme son soutien stratégique à la CRIEF et son engagement à renforcer la lutte contre la criminalité économique et financière, au service de la protection de l’économie nationale et de la consolidation de l’État de droit en Guinée.