Conakry, 17 mars 2026 – L’Ordre des avocats a rendu, ce mardi, un hommage solennel empreint d’émotion et de recueillement à la mémoire de Feue Maître Saran Dioumessy, décédée tragiquement des suites de complications liées à une grossesse, alors qu’elle portait son septième enfant. Elle n’avait pas encore 35 ans.
Dans une salle plongée dans une profonde gravité, confrères, magistrats, proches et membres de la famille judiciaire se sont réunis pour saluer la mémoire d’une avocate dont la disparition brutale laisse un vide immense au sein du Barreau.
Prenant la parole au nom de l’Ordre, Maître Kémoko Malick Diakité, Secrétaire général, a livré un éloge funèbre poignant, retraçant le parcours et les qualités humaines et professionnelles de la défunte. D’une voix chargée d’émotion, il a évoqué « une femme d’une richesse intérieure rare », rappelant son engagement indéfectible à la fois comme épouse, mère de six enfants et professionnelle du droit.
Formée à l’Université UNIC entre 2004 et 2008, Maître Dioumessy s’était distinguée très tôt par sa rigueur intellectuelle et sa conception profondément humaniste du droit. « Pour elle, le droit n’était pas une abstraction, mais un outil au service des plus vulnérables », a souligné le Secrétaire général.
Admise au Barreau en 2018, elle avait fait ses premières armes au cabinet de Maître Benjamin Millimono, où elle s’était forgé une solide expérience fondée sur l’écoute, la compréhension et le respect de la dignité humaine. Très vite, elle avait orienté son exercice vers la défense des mineurs, un choix exigeant qui traduisait son attachement aux causes sensibles et sa volonté de protéger les plus fragiles.
« Elle ne défendait pas des dossiers, elle défendait des enfants », a insisté Maître Diakité, rappelant la justesse de ses plaidoiries, la précision de ses arguments et l’humanité qui transparaissait dans chacune de ses interventions.
Au-delà de sa carrière, c’est aussi une femme courageuse qui a été saluée. Capable de concilier avec abnégation ses responsabilités professionnelles et familiales, elle poursuivait en parallèle un master en droit civil portant sur les voies de recours ordinaires, preuve de son engagement constant pour le perfectionnement de ses connaissances.
L’émotion était particulièrement vive parmi ses consœurs, unies par des liens de fraternité et profondément affectées par cette perte. « Une sœur en robe », selon les mots prononcés lors de la cérémonie, dont l’absence laisse un vide difficile à combler.
Au nom du Barreau, Maître Diakité a présenté les condoléances les plus émues à l’époux de la défunte, à ses six enfants ainsi qu’à l’ensemble de sa famille. Une pensée particulière a également été adressée à Maître Benjamin Millimono, son mentor, qui « mesure mieux que quiconque l’ampleur de la perte ».
La cérémonie s’est achevée dans un silence lourd de tristesse, chacun mesurant l’injustice d’un destin fauché en pleine promesse. Mais au-delà du deuil, l’héritage de Maître Saran Dioumessy demeure : celui d’une avocate engagée, d’une mère dévouée et d’une femme d’exception dont le souvenir continuera d’habiter durablement le Barreau et la conscience collective.
Repose en paix, Maître Saran Dioumessy.





