À l’approche des élections prévues le 31 mai 2026, l’Observatoire National Autonome de Supervision du Référendum Constitutionnel et des Élections (ONASUR-E) s’impose comme un acteur central de la gouvernance électorale en Guinée. Organe d’appui à l’État, il se distingue par son indépendance et sa neutralité, avec une mission qui dépasse largement le cadre classique de l’observation électorale.

Une institution au cœur de la réforme électorale

La création de l’ONASUR-E marque une étape importante dans le processus de consolidation de la Vème République. Conçu comme un mécanisme de régulation et de contrôle, cet organe ambitionne de restaurer la confiance des citoyens dans le système électoral, en garantissant la transparence et la crédibilité du vote.

Loin de se limiter à une simple présence sur le terrain, l’ONASUR-E assure une supervision transversale de l’ensemble du cycle électoral, depuis les préparatifs jusqu’à la proclamation des résultats.

Un mandat couvrant toutes les phases du processus

Conformément aux dispositions transitoires de l’article 341 du Code électoral de 2025, l’ONASUR-E exerce, en collaboration avec la Direction Générale des Élections (DGE), les prérogatives de l’Organe Technique Indépendant de Gestion des Élections (OTIGE).

Son champ d’action s’étend à toutes les étapes :

Phase pré-électorale : supervision de la mise à jour du fichier électoral biométrique, examen des candidatures et gestion des parrainages ;

Phase électorale : suivi du déploiement du matériel, observation du déroulement du scrutin et sécurisation du vote ;

Phase post-électorale : contrôle de la centralisation, de la compilation et de la proclamation des résultats provisoires.

Une coordination étroite avec les institutions

L’efficacité de l’ONASUR-E repose sur une collaboration structurée avec les principales institutions impliquées dans le processus électoral :

La Direction Générale des Élections (DGE), chargée de l’organisation technique et logistique ;

Le Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD), qui assure l’appui administratif ;

Les juridictions compétentes, notamment la Cour constitutionnelle et les tribunaux de première instance, garants du contentieux électoral et de la régularité du scrutin ;

Les organes de régulation des médias (HAC/CRCA), veillant à l’équilibre et à l’équité dans le traitement de l’information ;

Les Forces de défense et de sécurité (FDS), responsables de la sécurisation du processus dans le respect de l’autorité civile.

Une responsabilité partagée au sein de l’État

Au-delà des institutions électorales, plusieurs départements régaliens sont également mobilisés. Le Ministère de l’Économie et des Finances intervient pour garantir la transparence du financement des opérations électorales et le respect des plafonds de dépenses. De son côté, le Ministère des Affaires étrangères supervise l’organisation du vote des Guinéens de l’étranger.

Garantir la sincérité du scrutin

La mission fondamentale de l’ONASUR-E repose sur le principe de sincérité du scrutin, entendu comme l’absence de toute fraude susceptible d’altérer la volonté populaire. En assurant une supervision indépendante et rigoureuse, l’institution entend garantir que chaque vote exprimé contribue à refléter fidèlement le choix des citoyens.

À travers ce dispositif, les autorités guinéennes affichent leur volonté de renforcer la crédibilité du processus électoral et de poser les bases d’une gouvernance démocratique apaisée, où la transparence et l’intégrité deviennent les fondements du contrat social.