À la suite de la proclamation officielle des résultats provisoires des élections législatives et communales, Dr Sékou Koureissy Condé, président de l’Observatoire national de supervision du référendum constitutionnel et des élections, s’est prononcé sur la paix électorale et le nombre de votants.

D’emblée, il souligne qu’on pourrait croire que la paix électorale favorise automatiquement une forte mobilisation.

« Paradoxalement, un climat apaisé peut aussi entraîner une baisse du nombre de votants. L’absence de sentiment d’urgence conduit certains électeurs à penser que leur voix n’est pas indispensable, puisque le processus semble maîtrisé et sans risque de crise », a-t-il affirmé.

À l’en croire, cette diminution du nombre de votants dans un environnement apaisé ne saurait être assimilée à un boycotte politique ou à une abstention de contestation: « Elle traduit plutôt un relâchement naturel de la mobilisation, conséquence d’un climat serein où la confiance dans les institutions et la stabilité sociale réduisent le sentiment d’urgence.»

Il ajoute que les tensions et rivalités fortes poussent souvent les citoyens à voter pour « défendre leur camp ». Dans un contexte pacifique, cette motivation émotionnelle s’atténue et la mobilisation se relâche.

Par ailleurs, il note que les partis et acteurs politiques, moins contraints par la peur de contestations, réduisent parfois l’intensité de leurs campagnes de sensibilisation.

« La satisfaction implicite d’une majorité rassurée par la stabilité amène certains à considérer que leur participation n’est pas cruciale », a-t-il déclaré.

Dr Condé évoque également la fatigue électorale, accentuée par la succession des scrutins ou leur concomitance avec des fêtes religieuses, qui peut diminuer l’enthousiasme citoyen.

En conséquence, la participation moyenne demeure correcte, mais sans atteindre les pics observés lors des précédents scrutins. La légitimité institutionnelle reste toutefois sauvegardée et renforcée.

Pour finir, il rappelle que le défi des nouveaux élus et des autorités administratives est de renforcer le pacte d’unité nationale par l’éducation civique et de promouvoir la valorisation du vote comme un acte citoyen fondateur de la vie démocratique.

 

J. M. Morgan