À l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence sexuelle en période de conflit, l’Organisation Guinéenne de Défense des Droits de l’Homme (OGDH) a pris part à une table ronde organisée par l’Ambassade du Royaume-Uni en Guinée et l’Association des Victimes, Parents et Amis du 28 Septembre 2009 (AVIPA). Les échanges ont porté sur le thème : « Du silence à l’action : comment mieux prévenir, écouter et rendre justice ? »

Intervenant en qualité de panéliste, le représentant de l’OGDH a rappelé avec force que le silence ne doit jamais constituer une seconde peine pour les victimes de violences sexuelles commises en période de conflit.

Au cours des débats, l’Organisation a mis en avant trois axes essentiels pour transformer les engagements en actions concrètes.

Le premier concerne l’écoute et l’accompagnement des survivantes. L’OGDH a souligné la nécessité de garantir aux victimes des espaces sûrs où elles peuvent s’exprimer librement et bénéficier d’une prise en charge complète, à la fois juridique, médicale et psychosociale. À cet égard, l’organisation a salué le travail accompli par le Centre de Maferinyah dans l’assistance aux survivantes.

Le deuxième impératif est celui de la justice. L’OGDH a rappelé que le procès historique des événements du 28 septembre 2009 a démontré que l’impunité n’est pas une fatalité. Toutefois, elle estime que la justice ne sera pleinement rendue que lorsque les décisions judiciaires seront effectivement exécutées et que des réparations appropriées seront accordées aux victimes.

Enfin, l’organisation a insisté sur l’importance de la prévention à travers la lutte contre l’impunité, le renforcement des institutions nationales et l’autonomisation des femmes. Selon l’OGDH, ces mesures sont indispensables pour briser durablement le cycle des violences et permettre aux femmes d’exercer pleinement leur leadership au sein de la société.

L’organisation a également rendu hommage au courage des survivantes qui ont accepté de témoigner malgré les traumatismes subis. « Les survivantes ont brisé le silence avec un courage exemplaire. Il appartient désormais à l’État, à la société civile et aux partenaires internationaux d’assumer pleinement leurs responsabilités afin de faire du “Plus jamais ça” une réalité », a déclaré le représentant de l’OGDH.

L’Organisation Guinéenne de Défense des Droits de l’Homme a enfin exprimé sa gratitude à Son Excellence Daniel Shepherd, Ambassadeur du Royaume-Uni en Guinée, à la présidence de l’AVIPA ainsi qu’à l’ensemble des organisations engagées dans la promotion de la dignité humaine, de la justice et des droits fondamentaux.

Cette rencontre a permis de réaffirmer la nécessité d’une mobilisation collective pour prévenir les violences sexuelles liées aux conflits, protéger les survivantes et garantir leur droit à la vérité, à la justice et à la réparation.