Kindia, 29 juin 2026 – Le Tribunal de première instance (TPI) de Kindia a officiellement ouvert, ce lundi, sa session criminelle 2026. Vingt-et-un dossiers sont inscrits au rôle, dont l’affaire très médiatisée du district de Koliagbé, impliquant plus d’une vingtaine de personnes poursuivies, tandis que plusieurs autres suspects restent encore en fuite.
Cette session examinera également des dossiers portant sur des faits de viol, de meurtre, de séquestration, d’assassinat, d’incendie volontaire, de destruction de biens privés et d’autres infractions criminelles.
La cérémonie d’ouverture a réuni les autorités administratives, judiciaires et militaires, les cadres régionaux et préfectoraux, les parties civiles ainsi qu’un nombreux public venu assister au lancement des audiences.
Dans son allocution, le procureur de la République près le TPI de Kindia, Mamadou Bhoye Diallo, a insisté sur la nécessité d’une réponse judiciaire ferme face à la recrudescence de la criminalité.
« Cette session criminelle est consacrée à l’examen de 21 dossiers portant notamment sur des faits de viol, de séquestration, d’assassinat, d’incendie volontaire et de destruction de biens privés. Face à cette criminalité galopante, ces audiences traduisent la détermination de la justice à combattre l’impunité, à protéger les citoyens et leurs biens, à rétablir la confiance dans les institutions et à préserver la paix sociale », a-t-il déclaré.
Le magistrat a assuré que le ministère public conduira l’action publique « avec rigueur, objectivité et impartialité », rappelant qu’« aucun innocent ne sera condamné et aucun coupable ne sera libéré », dans le strict respect des droits de la défense et de la recherche de la vérité.
Représentant la partie civile dans les affaires de viol, Maciré Touré, présidente de l’association Les Femmes Aussi, s’est réjouie de la tenue de cette session, longtemps retardée en raison du manque de substituts du procureur.
Elle a indiqué que son organisation a enregistré 70 cas de viol depuis le début de l’année, dont 49 sont actuellement pendants devant la justice, les autres mis en cause étant toujours en fuite. Elle a également évoqué quatre dossiers de meurtre, sans compter les nombreux cas de violences économiques et physiques.
« Nous espérons que ces audiences se dérouleront dans la sérénité et permettront de rendre justice aux victimes », a-t-elle affirmé.
De son côté, le président du Tribunal de première instance de Kindia, Ousmane Sylla, a placé cette session sous le signe d’une justice impartiale, humaine et respectueuse des droits fondamentaux.
« Cette audience solennelle incarne la réponse ferme et ordonnée de la justice face aux atteintes les plus graves contre l’ordre public, l’intégrité humaine et la paix sociale. Juger les crimes, ce n’est pas seulement punir, c’est réaffirmer que la dignité humaine est inviolable sur tout le territoire de la République de Guinée », a-t-il souligné.
Le président du tribunal a assuré que les débats seront conduits dans le respect de trois principes fondamentaux : la présomption d’innocence, l’équité et le respect des droits de la défense, ainsi que la sérénité des audiences.
Il a également garanti une écoute attentive aux victimes, tout en invitant le ministère public, les avocats de la défense et les conseils des parties civiles à accomplir leur mission avec professionnalisme et responsabilité.
L’ouverture de cette session criminelle constitue une étape importante dans le fonctionnement de la justice à Kindia. À travers ces audiences, les autorités judiciaires entendent renforcer la lutte contre l’impunité, protéger les personnes et leurs biens et consolider la confiance des citoyens envers l’institution judiciaire.
Par Amara Sylla


