La Chambre des appels de la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF) a confirmé le jugement ayant déclaré Ali Jichi non coupable des faits de vol, d’abus de confiance, d’abus de biens sociaux et de complicité qui lui étaient reprochés dans le dossier l’opposant à la société Electromatic Guinée SARL.

L’arrêt, rendu en audience publique le 30 juillet 2026 et certifié conforme le 31 juillet 2026, confirme intégralement la décision de première instance sur les volets pénal et civil.

Poursuivi par le ministère public à la suite d’une plainte de la société Electromatic Guinée SARL, Ali Jichi, assisté de ses conseils, Maîtres Dinah Sampil et Morlus Sylla, était poursuivi pour des faits de vol, d’abus de confiance, d’abus de biens sociaux et de complicité.

Après examen des éléments du dossier, la Chambre des appels a estimé que les infractions reprochées n’étaient pas établies. S’agissant du délit de vol, la Cour a retenu que les câbles électriques étaient sous la garde d’Ali Jichi en sa qualité de gérant. Elle a également relevé qu’une pièce versée au dossier attestait du paiement d’un acompte de 12 000 dollars américains pour la location d’un magasin. Selon les juges, la livraison d’une marchandise commandée à un client ainsi que le règlement du reliquat du loyer d’un magasin ne sauraient caractériser une soustraction frauduleuse au sens de l’article 373 du Code pénal.

Concernant l’abus de confiance, la Cour a rappelé que cette infraction suppose le détournement de fonds ou de biens remis à titre précaire. Les magistrats se sont notamment appuyés sur les débats et sur le rapport du cabinet d’expertise Grant Thornton pour conclure que le montant de 26,38 milliards de francs guinéens évoqué dans la procédure appartenait à l’entreprise EJICO, attributaire du marché de rénovation du siège de la Banque SGG, et non à Electromatic Guinée SARL. En conséquence, les éléments constitutifs de l’abus de confiance n’ont pas été retenus.

Sur le chef de complicité, la Chambre des appels a considéré qu’il était juridiquement incohérent de poursuivre une même personne à la fois comme auteur principal et comme complice des mêmes infractions. Elle a également rappelé qu’une ordonnance de non-lieu rendue par la Chambre de l’instruction de la CRIEF le 23 février 2023 avait déjà écarté les poursuites pour abus de confiance et complicité.

Sur le plan civil, la Cour a déclaré recevable la constitution de partie civile de la société Electromatic Guinée SARL en la forme, mais a confirmé le rejet de l’ensemble de ses demandes, les jugeant mal fondées.

Les magistrats ont également rejeté la demande reconventionnelle d’Ali Jichi qui sollicitait le versement de 10 milliards de francs guinéens à titre de dommages-intérêts pour appel abusif et vexatoire.

Au terme de sa décision, la Chambre des appels a mis les frais et dépens à la charge du Trésor public, confirmant ainsi intégralement le jugement entrepris.

L’affaire était examinée devant une formation présidée par Daye Mara, assisté des conseillers Lansana Cissé, Zakaria Koket Camara, Célestin Camara et Raymond Bambey Kamano, en présence du substitut du procureur spécial Biwon Millimono et du greffier Aboubacar Fanta Diane.

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