Le Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory II Tounkara, s’est rendu ce jeudi 20 août 2026 dans les maisons d’arrêt de Forécariah et de Coyah, quelques jours après le transfèrement massif des détenus de la Maison centrale de Conakry, communément appelée Coronthie.

Accompagné des membres de son cabinet, du premier président de la Cour d’appel de Conakry et de plusieurs responsables judiciaires, le ministre a effectué cette visite pour s’enquérir des conditions de détention des personnes transférées dans ces deux établissements pénitentiaires.

Sur place, Ibrahima Sory II Tounkara a visité plusieurs cellules et échangé avec des détenus, notamment des femmes pensionnaires. Une démarche destinée, selon lui, à s’assurer que les personnes en conflit avec la loi bénéficient de conditions de détention conformes à leurs droits fondamentaux.

Une mesure palliative en attendant Yorokoguia

Interrogé sur les raisons de ce transfèrement massif, le ministre de la Justice a expliqué que cette opération s’inscrit dans la volonté des autorités de moderniser et d’humaniser davantage le système pénitentiaire guinéen.

« C’est toujours dans la logique de la vision éclairée de Monsieur le Président de la République, Son Excellence le Général Mamadi Doumbouya, de moderniser et de plus humaniser les maisons de détention dans notre pays », a-t-il déclaré.

Selon Ibrahima Sory II Tounkara, le transfert vers Coyah et Forécariah s’explique principalement par le fait que le centre de réinsertion de Yorokoguia, destiné à accueillir les détenus de la Maison centrale de Conakry, n’est pas encore entièrement opérationnel.

« Ce centre de détention n’est pas entièrement prêt. C’est pourquoi nous avons jugé nécessaire de prendre des mesures palliatives », a-t-il précisé, indiquant que les détenus ont ainsi été répartis temporairement dans les prisons civiles de Coyah et de Forécariah.

Le ministre a également insisté sur la nécessité de préserver la dignité des détenus. « Ce sont des personnes, des êtres humains comme nous, qui ont aussi certains droits », a-t-il rappelé.

La surpopulation, principal constat

Au terme de la visite, le constat majeur dressé par le ministre reste celui de la surpopulation carcérale. Ibrahima Sory II Tounkara reconnaît que les établissements de Coyah et de Forécariah n’étaient pas préparés à accueillir, dans un délai aussi court, un nombre important de nouveaux pensionnaires.

« Le constat le plus préoccupant, c’est la surpopulation. Parce qu’on est en train de prendre les mesures », a-t-il indiqué.

Pour faire face à cette situation, le département de la Justice annonce plusieurs dispositions, notamment l’approvisionnement en médicaments et des travaux d’aménagement dans certaines infrastructures. Des interventions ont également été engagées pour améliorer les installations sanitaires, notamment à travers l’entretien et l’épuration de certaines fosses septiques.

Yorokoguia attendu pour désengorger les prisons

Pour le ministre, la situation actuelle demeure provisoire. La mise à disposition prochaine du centre de réinsertion de Yorokoguia devrait permettre de réduire la pression exercée sur les maisons d’arrêt de Coyah et de Forécariah.

« Très rapidement, on va trouver la solution parce que nous aurons la prison de Yorokoguia à disposition, et ça nous permettra de désengorger encore toute la population carcérale », a assuré Ibrahima Sory II Tounkara.

Cette visite traduit ainsi la volonté du ministère de la Justice de suivre de près les conséquences du transfèrement des détenus et d’apporter des réponses aux difficultés rencontrées sur le terrain, en attendant l’achèvement et la mise en service effective du centre de réinsertion de Yorokoguia.

 

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