Après le succès de son premier ouvrage, Vicissitudes, le jeune écrivain guinéen de la nouvelle génération, Murîd Al Haqq, de son vrai nom Mamadou Djakariaou Barry, revient sur la scène littéraire avec Thérapie de l’âme. À travers ce deuxième geste littéraire, composé de quarante-six textes, le jeune professeur de français propose une poésie nourrie par l’observation de la société, les réalités humaines et une quête permanente de vérité.

Dans cette interview, il revient notamment sur la naissance de cet ouvrage, qu’il présente comme une véritable « renaissance poétique ».

Vous avez choisi le pseudonyme Murîd Al Haqq parmi tant d’autres. Pourquoi ce choix ?

Murîd Al Haqq : « Pour moi, Murîd Al Haqq n’est pas qu’un simple pseudonyme. C’est plutôt la véritable définition de mon engagement littéraire, qui s’inscrit dans une quête de vérité en compagnie du Très-Haut. »

Vous êtes l’auteur de deux ouvrages, notamment Vicissitudes, paru le 17 août 2023, et Thérapie de l’âme, publié le 14 juillet dernier. Qu’est-ce qui vous a motivé à vous lancer dans la littérature ?

Murîd Al Haqq : « Pour moi, la poésie n’a jamais été un choix. C’est plutôt elle qui m’a choisi. D’ailleurs, vous le remarquerez dès le premier texte de mon nouvel ouvrage, intitulé Thérapie de l’âme. »

Quelle est la mission que vous assignez à votre plume et quel regard portez-vous sur la situation de la littérature en Guinée ?

Murîd Al Haqq : « Ma mission fondamentale, c’est de révolutionner la littérature. En ce qui concerne la poésie, mon objectif est d’en faire un art fondamental, incontournable pour une jeunesse qui aspire à se faire entendre. Quant à la littérature guinéenne, je pense qu’elle se porte à merveille. »

En 2023, vous avez publié votre tout premier ouvrage, intitulé Vicissitudes. Que vous a apporté cette première expérience littéraire ?

Murîd Al Haqq : « La réussite n’est qu’un état d’esprit. Chacun la définit selon la satisfaction de ses propres attentes. Mais, de mon côté, Vicissitudes m’a beaucoup apporté et continue de m’apporter énormément : des expériences, des relations, de la confiance, de l’assurance dans la vie et bien d’autres opportunités sur le plan professionnel. »

Votre nouvelle parution, Thérapie de l’âme, est sortie le 14 juillet dernier. Pouvez-vous nous en parler ?

Murîd Al Haqq : « Thérapie de l’âme, c’est le résultat d’une longue observation et d’une réflexion sincère portée sur tout ce qui se passe autour de nous. L’ouvrage est composé de quarante-six titres, qui apportent chacun une lumière face aux réalités qui nous assombrissent. »

L’auteur établit également un lien profond entre ses deux œuvres. Pour lui, Thérapie de l’âme s’inscrit dans une forme de continuité avec Vicissitudes, tout en marquant une nouvelle étape dans son parcours poétique.

Quel rapport existe-t-il entre Vicissitudes et Thérapie de l’âme ? Et lequel de ces deux ouvrages préférez-vous ?

Murîd Al Haqq : « Il existe un profond rapprochement entre les deux ouvrages. Ceux et celles qui ont eu accès à Vicissitudes remarqueront que le dernier titre de ce livre est L’Élu de mon cœur, et la mission de Thérapie de l’âme débute justement à partir de là. C’est donc une renaissance poétique, disons une dynastie de mots issue des maux qui se façonne.

Quant à la préférence entre les deux, elle ne peut dépendre que du public lecteur, pas de moi. Moi, je les préfère tous, car chaque texte est un morceau de moi. »

Parmi les textes qui composent cette nouvelle parution figurent notamment Le Chien noir, Africain et L’Aventurier chez soi. À travers ces écrits, Murîd Al Haqq aborde des réalités contemporaines avec une plume qu’il veut directe et sincère.

Vous revenez aujourd’hui avec Thérapie de l’âme, qui contient notamment des textes tels que Le Chien noir, Africain et L’Aventurier chez soi. Quels messages souhaitez-vous véhiculer à travers ces textes et ces titres ?

Murîd Al Haqq : « Chacun de ces textes évoque un sujet d’actualité. J’ai été très franc dans ces écrits, sans jouer avec la métaphore, à l’exception de Le Chien noir. Ce texte ne parle pas du chien dans son vrai contexte, mais d’un qualificatif qui m’a été attribué par une personne de laquelle je ne m’y attendais absolument pas.

J’ai donc utilisé les qualités du chien noir, comme la fidélité, la loyauté, la fierté et la sincérité, pour dire : voilà tout ce que je suis, et j’en suis fier. »

Dites-nous, qu’est-ce qui vous inspire dans votre travail d’écriture ?

Murîd Al Haqq : « Je m’inspire de tout et de rien. Mais ma mère est le radical de toute inspiration qui traverse mon esprit. »

Face aux difficultés qui jalonnent son parcours, l’écrivain dit avoir choisi la persévérance. L’écriture demeure ainsi, pour lui, un moyen d’exprimer les blessures, les combats et les réalités de l’existence.

Quelles sont les principales difficultés que vous avez rencontrées dans votre parcours et dans vos projets d’écriture ?

Murîd Al Haqq : « Les difficultés, j’en rencontre partout. Elles veillent à me rappeler le vrai sens de la vie. Finalement, j’ai choisi de vivre tel un loup, de souffrir sans pousser de cris, si ce n’est à travers l’écrit, mais de ne jamais faire preuve d’abandon.

La véritable réponse à cette question est prescrite dans Thérapie de l’âme, et une autre partie de cette même réponse se trouve également dans Vicissitudes. »

De nos jours, plusieurs jeunes, comme vous, aspirent à se lancer dans la littérature. Quels conseils leur donneriez-vous ? Et quels sont vos projets pour l’avenir ?

Murîd Al Haqq : « Mon message à tout jeune qui aspire à écrire est simple : mon frère ou ma sœur, que rien au monde ne te stoppe. Tu n’as pas besoin d’attendre d’être totalement prêt(e) pour te lancer.

Mais prépare-toi à bien serrer ta ceinture, car le monde extérieur est sans pitié, une véritable jungle où l’homme est parfois devenu un loup pour l’homme. On y rencontre aussi des anges parmi les altruistes.

Quant à mes projets futurs, plein de choses arrivent, mais parler trop, ce n’est pas mon truc. Moi, je préfère poser des actes. »

Une question bonus aux accents de Kindia. Nous remarquons votre présence assez fréquente et parfois inattendue à Kindia. Est-ce qu’il y a quelqu’un ou quelque chose qui retient particulièrement votre cœur dans cette ville ? Par hasard… une petite amie ?

Dans un éclat de rire, Murîd Al Haqq répond sans détour :

Murîd Al Haqq : « Ma seule petite amie, c’est ma poésie ! Mais j’aime Kindia. Ici, je me sens chez moi et j’y ai de vraies personnes, ainsi que des souvenirs extraordinaires, à l’image de mon Dalaba profond. Mais chaque fois que je suis présent ici, c’est avant tout dans le cadre d’un travail. »

Avec Thérapie de l’âme, Murîd Al Haqq poursuit ainsi son aventure littéraire et invite le public à découvrir un univers où les mots se veulent à la fois le reflet des maux, des combats et des espoirs d’une génération.

Pour le jeune écrivain, la poésie reste plus qu’une passion : elle est une compagne de vie et une voix destinée à ne jamais se taire.

Amara Sylla pour Leperroquetguinee.com