Comment préserver les acquis d’un projet, améliorer les pratiques et faire en sorte que les expériences de terrain puissent servir aux futures initiatives ? C’est autour de cette problématique que 35 acteurs engagés dans la mise en œuvre du projet PACOVIGE se sont réunis ce lundi 31 août 2026 à Ratoma, à l’occasion d’un atelier consacré à la capitalisation des expériences et des bonnes pratiques.

Organisée par le Réseau des Associations Guinéennes des Volontaires pour le Développement (RAGVD-GUINÉE), cette rencontre s’inscrit dans le cadre du projet « Appui à la Participation Active des Citoyens pour la Prévention des Violences Basées sur le Genre » (PACOVIGE), mis en œuvre dans le cadre de SOCIDYP, avec le financement de l’Union européenne et l’appui technique de Catholic Relief Services (CRS),RAJGUI et EDG.

Tirer les enseignements de l’expérience

L’objectif de l’atelier était de dresser un bilan qualitatif du chemin parcouru, d’identifier les enseignements issus de la mise en œuvre du projet et de dégager les pratiques susceptibles d’être maintenues, améliorées ou reproduites dans de futures interventions.

Pour les organisateurs, les résultats d’un projet ne se résument pas aux activités réalisées ou aux indicateurs atteints. Les expériences accumulées sur le terrain constituent également une ressource précieuse qui doit être documentée et partagée.

C’est tout le sens de cet exercice de capitalisation, qui a offert aux participants un cadre d’échanges et d’analyse collective.

Au cours des travaux, les participants ont partagé leurs expériences, leurs observations et leurs recommandations. Les discussions ont porté aussi bien sur les réussites enregistrées que sur les difficultés rencontrées dans la mise en œuvre du PACOVIGE.

Des regards croisés sur la prévention des VBG

Les 35 participants ont apporté des expériences et des perceptions diverses sur les activités conduites auprès des communautés. Les échanges ont notamment permis d’analyser les facteurs ayant favorisé la participation citoyenne, l’efficacité des actions de sensibilisation ainsi que l’implication des acteurs locaux dans la prévention des violences basées sur le genre.

Une attention particulière a également été accordée aux moyens d’améliorer les interventions futures, en tenant davantage compte des réalités et des besoins observés au sein des communautés.

Pour les responsables du projet, cette diversité des expériences constitue une véritable force. Elle permet d’apprécier non seulement les résultats obtenus, mais également les processus et les approches ayant contribué à leur réalisation.

Boubacar Mansaré : « Tirer les enseignements de nos actions »

Prenant la parole à cette occasion, Boubacar Mansaré, Directeur exécutif du RAGVD-GUINÉE, a souligné l’importance de la capitalisation dans le processus d’apprentissage organisationnel.

Selon lui, les enseignements tirés du PACOVIGE doivent permettre au RAGVD-GUINÉE à ses partenaires de renforcer leurs méthodes d’intervention et de mieux préparer les prochaines initiatives.

Il a également insisté sur le rôle déterminant joué par les communautés et les différents acteurs mobilisés dans la réalisation des activités.

« Nous devons être capables de tirer les enseignements de nos actions, de reconnaître ce qui a fonctionné, mais aussi d’assumer les difficultés rencontrées. C’est à cette condition que nous pouvons véritablement progresser et améliorer nos interventions », a-t-il déclaré.

L’importance de l’apprentissage collectif

De son côté, Tairou Diallo, représentant du partenaire technique et financier, a mis en avant l’importance de l’apprentissage collectif dans la conduite des projets de développement.

Il a insisté sur la nécessité de documenter les expériences et de partager les bonnes pratiques afin que les acquis du PACOVIGE puissent être utiles au-delà de la période de mise en œuvre du projet.

Il a également encouragé les participants à considérer cet exercice comme un véritable espace d’analyse et de proposition, destiné à identifier les approches qui méritent d’être consolidées et adaptées dans les prochaines interventions.

La parole aux acteurs de terrain

L’atelier a également permis aux participants de partager leurs perceptions et leurs expériences.

Pour Taïdy Camara, participante à la rencontre, cet exercice a permis de mesurer l’importance du partage d’expériences entre les différents acteurs impliqués dans la prévention des violences basées sur le genre.

Elle a notamment salué la possibilité d’échanger aussi bien sur les résultats positifs que sur les difficultés rencontrées, estimant que ces discussions constituent un levier important pour améliorer les futures interventions.

Mobilisation communautaire et implication des acteurs locaux

Au cours des travaux, plusieurs facteurs considérés comme essentiels à la réussite des actions de prévention des VBG ont été identifiés.

Il s’agit notamment de la mobilisation communautaire, de la sensibilisation de proximité, de l’implication des jeunes et des femmes, du dialogue avec les leaders locaux ainsi que du renforcement de la collaboration entre les différentes parties prenantes.

Les participants ont également formulé plusieurs recommandations visant à améliorer les prochaines interventions et à mieux adapter les actions aux réalités locales.

L’un des principaux défis demeure désormais la transformation de ces enseignements en pratiques opérationnelles, pouvant être adaptées à d’autres projets et à d’autres communautés.

Un document de capitalisation pour préserver les acquis

À l’issue de l’atelier, l’ensemble des contributions recueillies devrait être consolidé dans un document de capitalisation. Celui-ci regroupera notamment les principaux enseignements, les bonnes pratiques, les innovations, les difficultés rencontrées ainsi que les recommandations formulées au cours de la mise en œuvre du PACOVIGE.

Ce document devrait constituer un outil de référence pour le RAGVD-GUINÉE et ses partenaires, mais également une base de réflexion pour les acteurs de la société civile engagés dans la prévention des violences basées sur le genre.

À travers cet exercice, les initiateurs entendent ainsi conserver la mémoire des expériences acquises et favoriser la transmission des connaissances issues du terrain.

Capitaliser pour mieux préparer l’avenir

La tenue de cet atelier marque une nouvelle étape dans la dynamique engagée par le RAGVD-Guinée en faveur de la participation citoyenne et de la prévention des violences basées sur le genre.

Au-delà des résultats immédiats du PACOVIGE, l’enjeu est désormais de faire vivre les enseignements tirés, de préserver les pratiques qui ont fait leurs preuves et de poursuivre la mobilisation des acteurs autour de la prévention des VBG.

Capitaliser, c’est donc préparer l’avenir : apprendre de ce qui a été fait, préserver ce qui fonctionne, corriger ce qui doit l’être et s’appuyer sur les acquis pour aller plus loin.

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