Le Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory II Tounkara, a effectué ce mercredi une nouvelle visite d’évaluation du chantier de construction du Centre pénitentiaire et de réinsertion de Yorokoguia, dans la préfecture de Dubréka. Cette visite a permis de constater l’évolution des travaux, d’évaluer les réalisations en cours et de réaffirmer la volonté des autorités de doter la Guinée d’une infrastructure pénitentiaire moderne, répondant aux exigences de réinsertion et de respect des droits humains.

Accompagné des responsables techniques et des acteurs impliqués dans la réalisation du projet, le Garde des Sceaux a parcouru les différentes installations en construction. À cette occasion, les explications fournies par les équipes techniques ont permis de faire le point sur l’état d’avancement des différents ouvrages.

Des travaux en pleine évolution

Sur le terrain, le conducteur des travaux, Lionel Fotso, représentant de l’entreprise de construction Mobinek, a présenté les principales composantes du chantier ainsi que leur niveau d’exécution.

Selon lui, les travaux concernent notamment les quatre blocs de détention, les ateliers de formation, les bâtiments de l’infirmerie et de la cuisine, ainsi que les infrastructures d’accès et les ouvrages techniques.

« Au niveau des blocs de détention, nous sommes à 40 % d’avancement pour chacun des quatre blocs. Nous avons également entamé les travaux de crépissage sur deux blocs », a-t-il expliqué.

Il a précisé que les blocs D3 et D4 sont actuellement au stade de la pose des briques, tandis que les ateliers de formation connaissent une évolution progressive, avec une partie déjà réalisée et l’autre en phase de fouilles.

Concernant les bâtiments de l’infirmerie et de la cuisine, les travaux de coffrage de la dalle ont été achevés, permettant désormais la progression vers les travaux du rez-de-chaussée.

Le conducteur des travaux a également indiqué que les ouvrages de drainage des eaux pluviales et les deux dalots prévus dans le cadre des infrastructures techniques ont été réalisés.

À ce stade, le taux d’avancement global du projet est estimé à 31 %. Lionel Fotso a, par ailleurs, réaffirmé l’engagement de l’entreprise à respecter le délai contractuel fixé à février 2027.

Un projet conçu dans une logique de réinsertion

Pour Aboubacar Sylla, membre du bureau d’études Archives Stratège et chargé du contrôle du chantier, le projet de Yorokoguia repose sur une conception intégrée prenant en compte les différentes exigences liées à la détention et à la réinsertion.

« Nous sommes le bureau d’études qui a conçu ce projet depuis sa genèse et assuré la programmation de l’ensemble des installations, notamment les blocs de détention, la cuisine centrale et l’infirmerie », a-t-il indiqué.

Tout en saluant l’évolution des travaux, il a insisté sur la nécessité de veiller à ce que les réalisations soient conformes aux prévisions techniques initiales.

Le projet, initialement prévu pour une durée d’exécution de 24 mois, devrait ainsi entrer dans sa phase de finalisation au regard de la progression enregistrée sur le terrain.

  • Le Garde des Sceaux satisfait de l’évolution du chantier

Au terme de sa visite, le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory II Tounkara, s’est félicité de l’évolution des travaux et a renouvelé ses remerciements au président de la République, Mamadi Doumbouya, pour sa vision en faveur de la modernisation du système pénitentiaire guinéen.

« Je commence par remercier Monsieur le Président de la République, Mamadi Doumbouya, pour sa vision éclairée de doter notre pays d’une infrastructure pénitentiaire d’une telle ampleur. Vous avez vu comme moi que c’est un véritable chef-d’œuvre qui est en train d’être réalisé ici », a-t-il déclaré.

Le Garde des Sceaux s’est dit rassuré par la progression des travaux, estimant que leur évolution est conforme aux attentes des autorités.

« Les travaux sont en train d’évoluer à notre satisfaction. Depuis notre dernière visite, nous nous rendons compte que les travaux sont vraiment en train d’avancer », a-t-il souligné.

Une capacité d’accueil de 3 000 détenus

Pour Alpha Kabinet Kaba, directeur général du Service national des infrastructures judiciaires et pénitentiaires, Yorokoguia représente bien plus qu’un simple établissement de détention.

Il s’agit, selon lui, d’un véritable centre de réinsertion intégrant les exigences du respect des droits de l’Homme et de la préparation des détenus à leur retour dans la société.

« Yorokoguia, c’est un centre de réinsertion, pas un centre de détention seulement. Il prend en compte tous les aspects du respect des normes des droits de l’Homme. C’est ce que nous attendons de ce projet », a-t-il affirmé.

  • À terme, le centre disposera d’une capacité d’accueil de 3 000 détenus.

Pour garantir la qualité et la conformité des travaux, un dispositif de supervision associant plusieurs structures a été mis en place. Il comprend notamment l’Administration et le Contrôle des Grands Projets, la Delivery Unit, le Service national des infrastructures judiciaires et pénitentiaires ainsi que la mission de contrôle du maître d’ouvrage.

Des réunions de coordination sont organisées chaque semaine afin d’identifier les éventuels blocages, d’apporter des solutions et d’assurer un suivi technique rigoureux de l’exécution des ouvrages.

Un chantier stratégique pour la modernisation de la justice

La construction du Centre pénitentiaire et de réinsertion de Yorokoguia s’inscrit dans la dynamique de modernisation des infrastructures judiciaires et pénitentiaires engagée par les autorités guinéennes.

À travers ce projet d’envergure, la Guinée ambitionne de renforcer les capacités d’accueil de son système pénitentiaire, d’améliorer les conditions de détention et de promouvoir une approche davantage orientée vers la réinsertion sociale.

La visite du Garde des Sceaux traduit ainsi la volonté des autorités de maintenir une vigilance constante sur l’exécution des travaux, avec pour objectif la livraison d’une infrastructure répondant aux exigences de qualité, de sécurité et de respect des droits humains.

Avec un taux d’avancement global de 31 % et un délai contractuel fixé à février 2027, le chantier de Yorokoguia demeure l’un des projets majeurs de transformation du paysage pénitentiaire guinéen.