Le Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory II Tounkara, a présidé, ce vendredi 6 novembre 2026, à l’École nationale de gendarmerie de Sonfonia, la cérémonie de clôture du programme de réinsertion civique des 520 bénéficiaires de la grâce présidentielle accordée par le chef de l’État, Mamadi Doumbouya. Une étape importante dans la mise en œuvre d’une politique pénale qui associe clémence, responsabilisation et réinsertion sociale.
La cérémonie de libération définitive des bénéficiaires de la grâce présidentielle a marqué l’aboutissement d’un programme de transformation civique de 30 jours, mis en place par le ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, en étroite collaboration avec le ministère délégué à la Défense nationale.
Cette initiative fait suite à deux décrets successifs pris en octobre 2026 par le président de la République, Mamadi Doumbouya, également président du Conseil supérieur de la magistrature, à travers lesquels il a exercé son pouvoir constitutionnel de grâce en faveur de 520 de ses concitoyens.
Mais au-delà de la mesure de clémence, le chef de l’État a souhaité associer à cette décision un dispositif d’accompagnement destiné à préparer les bénéficiaires à leur retour dans la société et à prévenir les risques de récidive.
Dans son discours de circonstance, le Garde des Sceaux, Ibrahima Sory II Tounkara, a présenté cette initiative comme l’expression d’une vision progressiste de la justice, fondée sur le principe selon lequel la sanction doit également ouvrir la voie à la rédemption, à la transformation individuelle et à la réinsertion sociale.
Le programme de formation, organisé sur une période de 30 jours, s’est articulé autour de deux axes stratégiques complémentaires.
Le premier a porté sur la sensibilisation aux valeurs de la République, notamment la dignité humaine, le respect des lois, les principes de l’État de droit, la responsabilité civique et la réconciliation nationale. L’objectif était de renforcer chez les bénéficiaires le sentiment d’appartenance à la communauté nationale et leur engagement en faveur de la cohésion sociale.
Le second axe a concerné l’éducation civique et la gestion comportementale. Sous la supervision de l’École des sous-officiers de la Gendarmerie nationale de Sonfonia et de l’Administration pénitentiaire, les participants ont été outillés en matière de maîtrise de soi, de gestion des émotions, de compréhension des mécanismes de la loi, de résolution pacifique des conflits et de reconstruction du lien social avec leurs communautés.
À cette occasion, le ministre a salué l’engagement des officiers et sous-officiers de la Gendarmerie nationale, le travail d’encadrement de l’Administration pénitentiaire ainsi que la contribution des enseignants et formateurs mobilisés pour la réussite de cette initiative.
S’adressant directement aux bénéficiaires, le Garde des Sceaux a souligné la portée de leurs certificats d’achèvement du programme, tout en rappelant que ces documents ne constituent pas un effacement du passé, mais plutôt une ouverture vers un nouvel avenir.
« Cette attestation n’efface pas le passé, elle ouvre l’avenir », a-t-il notamment déclaré, invitant les bénéficiaires à traduire les enseignements reçus en comportements responsables au sein de la société.
Le ministre a également insisté sur les exigences qui accompagnent cette nouvelle étape de leur parcours : le respect strict des lois, le rejet de toute forme de récidive et la contribution positive à la vie de la nation. Pour lui, la confiance accordée par le président de la République doit désormais se matérialiser par des actes concrets et exemplaires.
« Votre réinsertion commence aujourd’hui. Vous ne revivrez pas vos erreurs passées, vous construirez votre présent et façonnerez votre avenir », a-t-il lancé aux anciens détenus.
En déclarant officiellement que les 520 bénéficiaires avaient achevé avec succès leur programme de réinsertion, Ibrahima Sory II Tounkara a réaffirmé l’ambition de son département de promouvoir une justice qui ne se limite pas à la sanction, mais qui participe également à la reconstruction des individus et au renforcement du vivre-ensemble.
La cérémonie s’est achevée par un hommage rendu au président de la République, Mamadi Doumbouya, pour son acte de clémence et son accompagnement dans la valorisation de la justice guinéenne.
À travers cette initiative, les autorités entendent donner une dimension concrète à la réinsertion sociale des personnes bénéficiaires de mesures de grâce, en faisant de leur retour dans la société une nouvelle occasion de responsabilité, de citoyenneté et de contribution au développement national.
Par, Ousmane Bony Sylla








