Conakry, 21 avril 2026 — Les travaux de l’atelier régional de renforcement des capacités des acteurs de la chaîne judiciaire en matière de coopération transnationale dans la lutte contre la traite des enfants ont été officiellement lancés ce mardi à l’Hôtel Noom, sous la présidence du Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory II Tounkara.
Une mobilisation régionale et internationale
La cérémonie d’ouverture a réuni plusieurs personnalités de haut niveau, notamment des membres du gouvernement guinéen, des représentants d’institutions internationales, ainsi que des délégations venues de la Guinée-Bissau, de la Gambie et du Sénégal. Étaient également présents des partenaires techniques et financiers, dont le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH), l’UNICEF et la coopération italienne.
Dans son discours inaugural, le ministre de la Justice a salué cette mobilisation, soulignant qu’elle traduit une prise de conscience collective face à un phénomène « grave et transfrontalier » qui menace l’avenir des enfants.
La traite des enfants, une urgence régionale
Le Garde des Sceaux a rappelé que la traite des enfants constitue « l’une des violations les plus graves des droits humains », affectant la dignité, l’intégrité et l’avenir des plus jeunes. Dans un contexte de mobilité accrue des populations, ce fléau prend une dimension transnationale qui impose des réponses coordonnées entre États.
« La coopération judiciaire apparaît aujourd’hui comme un levier incontournable pour prévenir, détecter, poursuivre et sanctionner efficacement ces crimes », a-t-il insisté, tout en mettant en avant la nécessité de garantir une protection adaptée aux victimes.
L’engagement de la Guinée réaffirmé
Le ministre a réitéré l’engagement du gouvernement guinéen à lutter contre la traite des personnes, en particulier celle des enfants. Il a évoqué les actions en cours, notamment :
le renforcement du cadre juridique et institutionnel ;
la formation continue des acteurs judiciaires et sécuritaires ;
la mise en œuvre du Code de l’enfant sur l’ensemble du territoire ;
l’opérationnalisation de la cellule d’appui à la lutte contre la traite des personnes.
Selon lui, cet atelier s’inscrit pleinement dans cette dynamique et vise à doter les professionnels de la justice d’outils pratiques pour une meilleure prise en charge des cas.
Le rôle central du projet PAPEV
Prenant la parole au nom du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, Omer Eloys Kebiwou Kalameu a mis en avant l’importance du Projet d’Appui à la Protection de l’Enfant et à la lutte contre les Violences (PAPEV), soutenu par l’Agence italienne pour la coopération au développement.
Ce projet régional, couvrant notamment la Guinée, la Gambie, la Guinée-Bissau et le Sénégal, repose sur une double approche :
une coordination régionale renforcée ;
une adaptation aux réalités spécifiques de chaque pays.
Il s’inscrit dans la continuité des recommandations issues du Forum ministériel de Banjul II sur la protection de l’enfance, qui a insisté sur la nécessité de renforcer la coopération transfrontalière.
Une coopération jugée indispensable
Le représentant de l’Ambassade d’Italie en Guinée a, pour sa part, souligné que la coopération transnationale « n’est plus une option mais une nécessité absolue ». Il a réaffirmé l’engagement de son pays à soutenir les initiatives visant à protéger les enfants et à renforcer l’État de droit dans la sous-région.
Même son de cloche du côté de la coordination du projet PAPEV, qui insiste sur l’importance d’une approche régionale pour répondre efficacement aux défis liés à la traite, à la mendicité forcée et aux violences faites aux enfants.
Des attentes fortes pour les travaux
Durant quatre jours, les participants auront pour mission de :
partager leurs expériences et bonnes pratiques ;
identifier les défis communs en matière de coopération judiciaire ;
formuler des recommandations concrètes pour renforcer les mécanismes existants.
Les discussions s’articuleront autour de quatre axes majeurs : prévenir, protéger, poursuivre et renforcer la coopération.
Un appel à la responsabilité collective
Clôturant son intervention, le ministre de la Justice a rappelé que la protection de l’enfant est une responsabilité partagée impliquant États, institutions judiciaires, forces de sécurité, organisations internationales et société civile.
« C’est ensemble, dans un esprit de solidarité et de coopération, que nous pourrons garantir à chaque enfant un avenir digne et sécurisé », a-t-il déclaré, avant d’annoncer l’ouverture officielle des travaux. 
Cet atelier régional apparaît ainsi comme une étape importante vers une réponse plus coordonnée et efficace face à la traite des enfants en Afrique de l’Ouest, avec l’ambition de renforcer durablement les mécanismes de protection de l’enfance dans la sous-région.
Par, Ousmane Bony Sylla







