La campagne de vulgarisation du Code de l’enfant a officiellement démarré ce lundi 13 avril 2026 dans les treize communes de la ville de Conakry, conformément au calendrier établi après son lancement le 8 avril dernier par le Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory 2 Tounkara. La commune de Kaloum a constitué la première étape de cette initiative portée par la Direction nationale de l’Éducation surveillée et de la Protection judiciaire de la jeunesse, en collaboration avec le Tribunal pour enfants de Conakry, avec l’appui financier de UNICEF.

À Kaloum, autorités locales, acteurs judiciaires, partenaires techniques et représentants de la société civile se sont fortement mobilisés pour marquer le lancement de cette campagne. Prenant la parole, la Secrétaire générale de la mairie, Aïssata Camara, a souligné l’importance de cette rencontre, qu’elle a qualifiée de moment clé de sensibilisation et d’engagement collectif autour d’un instrument juridique majeur adopté en décembre 2019 et promulgué en mars 2020. Selon elle, ce texte traduit la volonté des autorités de placer la protection de l’enfant au cœur des priorités nationales, en garantissant ses droits fondamentaux et en encadrant les responsabilités des différents acteurs, des autorités locales aux familles, en passant par les éducateurs et les leaders communautaires.

Cependant, elle a également évoqué les nombreux défis auxquels la commune reste confrontée, notamment la consommation de stupéfiants, les violences, l’exploitation, les mutilations génitales féminines, les mariages précoces et le travail des enfants. Face à ces réalités, elle a plaidé pour la mise en place d’un centre d’hébergement et d’apprentissage destiné aux enfants en conflit avec la loi ou en situation de vulnérabilité. Elle a appelé à faire de cette campagne un véritable levier de changement social et comportemental.

De son côté, le Directeur national de l’Enfance, Akoï Guilavogui, a rappelé que cette initiative vise à rapprocher la loi des populations. Il a insisté sur la nécessité de renforcer la prévention à travers une meilleure connaissance des dispositions du Code de l’enfant, notamment celles relatives aux droits fondamentaux, aux responsabilités des acteurs et aux sanctions en cas de violations. Il a également mis en avant le rôle central des familles et des communautés dans la protection des enfants, invitant chacun à s’approprier le contenu du texte pour en assurer une large diffusion.

La voix des enfants a également été entendue à travers l’intervention de Jérémy Silman Faye, député junior de Kaloum. Dans une allocution empreinte de sincérité, il a exhorté les adultes à être davantage à l’écoute des enfants et à mieux prendre en compte leurs réalités. Selon lui, de nombreux enfants en situation de vulnérabilité souffrent avant tout d’un manque d’écoute et de compréhension. Il a estimé que cette campagne constitue une opportunité pour les jeunes de s’exprimer et de contribuer activement à la sensibilisation au sein des communautés.

Pour sa part, le président du Tribunal pour enfants de Conakry, Mohamed Bama Camara, a salué une initiative essentielle visant à mieux orienter les citoyens face aux procédures impliquant des mineurs et à renforcer la protection de leurs droits fondamentaux. Il a expliqué que de nombreuses erreurs sont encore commises par méconnaissance des juridictions compétentes, que ce soit en matière pénale ou civile, notamment dans les cas de délégation de l’autorité parentale ou de traitement des infractions impliquant des mineurs.

« Nous sommes saisis quotidiennement de nombreuses affaires concernant les enfants. Cela révèle un réel besoin d’information et de sensibilisation de la population sur le Code de l’enfant », a-t-il souligné, insistant sur la nécessité de rendre ce texte accessible aux personnes non spécialisées.

Le lancement de cette campagne à Kaloum marque ainsi une étape importante dans la promotion et la protection des droits des enfants en Guinée. Au-delà des discours, cette initiative ambitionne de transformer durablement les mentalités et les pratiques à tous les niveaux de la société. En misant sur la sensibilisation, l’implication communautaire et l’application rigoureuse de la loi, les autorités entendent créer un environnement plus sûr et protecteur pour chaque enfant, condition essentielle à un développement durable et inclusif du pays.

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