La Direction générale de la promotion de la citoyenneté et de la paix (DGCIP), en partenariat avec le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), a lancé ce mardi, à la Maison des jeunes de Kipé, un forum pluri-acteurs consacré au développement économique et social des communes de Ratoma, Lambanyi, Sonfonia et Kagbelen. Cette rencontre de deux jours ambitionne d’identifier les opportunités d’investissement dans les services sociaux de base et de faire du développement local un levier durable de consolidation de la paix.

Placée sous le signe du dialogue, de la concertation et de la mobilisation des ressources, cette initiative réunit les autorités nationales et locales, les partenaires techniques et financiers, le secteur privé, les organisations de la société civile ainsi que les représentants des jeunes et des femmes.

Le développement inclusif au cœur de la consolidation de la paix

Dans son discours d’ouverture, le Directeur général de la DGCIP, Amirou Diawara, a rappelé que ce forum s’inscrit dans le cadre du projet de promotion de la participation des jeunes, femmes et hommes, à la consolidation de la paix dans les quartiers ciblés de l’Axe Hamdallaye-Kagbelen.

Lancé officiellement le 7 mai 2025 à Ratoma par le Premier ministre, chef du Gouvernement, Amadou Oury Bah, ce projet vise notamment à renforcer la résilience des jeunes et des femmes face à l’instrumentalisation politique, tout en favorisant leur participation à la gouvernance locale, à la promotion de la paix et à la cohésion sociale.

Depuis son lancement, plusieurs activités ont été réalisées par la DGCIP, avec l’appui du PNUD. Il s’agit notamment de l’élaboration d’un guide de bonnes pratiques en gestion des conflits, de formations des acteurs locaux aux techniques de négociation et de dialogue, de cycles de concertation communautaire ainsi que de campagnes de sensibilisation dans les quatre communes concernées.

Pour Amirou Diawara, la consolidation de la paix ne saurait être dissociée de la satisfaction des besoins fondamentaux des populations.

« Il ne peut y avoir de paix durable sans développement inclusif, et il ne peut y avoir de développement durable sans paix », a-t-il souligné, insistant sur la nécessité d’améliorer l’accès équitable aux services sociaux de base, de réduire les inégalités et de créer des opportunités pour les jeunes et les femmes.

Le forum doit ainsi permettre d’aller au-delà des constats pour identifier les besoins prioritaires, dégager des opportunités d’investissement et favoriser des partenariats susceptibles de transformer les recommandations en réalisations concrètes.

Quatre communes face à des défis majeurs

Malgré leur potentiel économique, commercial et industriel, les communes de Ratoma, Lambanyi, Sonfonia et Kagbelen restent confrontées à d’importants défis liés à la croissance démographique et à l’insuffisance des infrastructures sociales.

Les besoins concernent notamment l’éducation, la santé, l’accès à l’eau potable, l’assainissement, l’aménagement des voiries de proximité et le développement d’espaces culturels et sportifs destinés à la jeunesse.

Face à ces enjeux, le forum entend favoriser un diagnostic participatif des besoins et des potentialités de chaque commune, en vue de l’élaboration d’un guide des opportunités d’investissement dans les services sociaux de base.

Les travaux devront également permettre d’identifier les mécanismes de financement, de renforcer la visibilité des acteurs intervenant dans la zone et de mobiliser les partenaires locaux, nationaux et internationaux autour de projets prioritaires.

Le Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation salue la transformation de la jeunesse

Représentant la ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, François Gono Condé, chef de cabinet du MATD, a salué la dynamique de transformation engagée dans les communes de l’Axe Hamdallaye-Kagbelen.

Dans son allocution, il a rappelé que ces localités, longtemps associées aux tensions et aux violences de rue, disposent aujourd’hui d’un potentiel considérable porté par une jeunesse dynamique, créative et de plus en plus engagée dans le développement communautaire.

Le représentant de la ministre a notamment mis en avant l’implication des jeunes dans les associations, les coopératives, les initiatives entrepreneuriales, l’assainissement des quartiers, la médiation communautaire et la prévention des conflits.

S’adressant directement à cette jeunesse, François Gono Condé a salué son choix en faveur du dialogue et de la construction collective.

« Vous avez choisi le dialogue plutôt que l’affrontement, la construction plutôt que la destruction, l’engagement plutôt que la résignation. Ce choix vous honore, et il honore la Guinée tout entière », a-t-il déclaré.

Il a toutefois souligné que cette transformation doit être accompagnée de perspectives concrètes en matière de formation, d’emploi, d’accès au financement et de participation aux instances de décision.

Pour le chef de cabinet du MATD, la responsabilité des autorités, du secteur privé, des partenaires au développement et de la société civile consiste désormais à consolider cette dynamique afin que les opportunités économiques se traduisent en progrès social réel et durable.

Des recommandations opérationnelles attendues

Durant les deux journées de travaux, les participants prendront part à des sessions plénières, des panels et des ateliers thématiques consacrés aux besoins prioritaires et aux opportunités d’investissement dans les quatre communes.

Les résultats attendus portent notamment sur l’identification des actions concrètes d’amélioration des services sociaux de base, l’élaboration d’une cartographie des acteurs et des financements, ainsi que la mise en place de mécanismes de suivi des recommandations.

L’objectif est de favoriser une meilleure coordination entre les collectivités locales, les entreprises privées et les partenaires au développement, tout en renforçant la participation effective des jeunes et des femmes aux décisions concernant leur avenir.

En saluant l’accompagnement du PNUD et le soutien du Fonds pour la consolidation de la paix (PBF), François Gono Condé a également rendu hommage aux autorités communales, aux leaders communautaires et religieux ainsi qu’aux organisations de jeunesse et de femmes pour leur engagement sur le terrain.

À travers cette initiative, les autorités entendent faire de l’Axe Hamdallaye-Kagbelen un territoire de paix, d’opportunités et de prospérité partagée, où le développement local devient un instrument privilégié de cohésion sociale et de stabilité durable.

Un défi majeur demeure : transformer les engagements formulés au cours de ce forum en investissements concrets et en améliorations perceptibles des conditions de vie des populations.

 

 

Par, Ousmane Bony Sylla