Un vibrant hommage a été rendu ce mercredi 10 décembre 2025, au magistrat David Simbiano, récemment nommé juge au Tribunal de première instance de Mandiana. Sa nomination, officialisée par décret le 4 janvier, marquait le début d’une carrière qu’il n’aura malheureusement pas eu le temps d’embrasser pleinement. Le jeune magistrat est décédé dans la nuit du mardi à l’hôpital Donka, des suites d’une brusque maladie, à quelques jours seulement de sa prise de fonction.

La Cour d’Appel de Conakry a servi de cadre à cette cérémonie empreinte d’émotion, rehaussée par la présence du Garde des Sceaux et ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Yaya Kairaba Kaba, du Premier Président de la Cour suprême ainsi que de nombreuses personnalités du corps judiciaire. Huissiers, greffiers, avocats, parents et amis se sont succédé pour saluer la mémoire du défunt et témoigner de son parcours exemplaire.

Dans son oraison funèbre, Mme Doua Guilavogui, représentant l’Association des Magistrats de Guinée (AMG), est revenue sur le parcours atypique et inspirant de David Simbiano. Né le 4 avril 1993 à Guéckédou, fils de feu Étienne Bono et de feu Anne-Marie Milimouno, il s’était distingué dès son jeune âge par sa rigueur et sa détermination. Bachelier en 2016, il poursuit ses études à l’Université de Sonfonia en Faculté de Droit, où il s’illustre par son sérieux et sa persévérance.

Pour financer ses études de Master, il exerce le métier de taxi-motard, travaillant jour et nuit. Un sacrifice qui lui permet d’obtenir successivement son Master 1 en 2020 puis son Master 2 en 2023. Sa réussite au concours national des 100 auditeurs de justice lui ouvre enfin la voie vers la magistrature, un rêve qu’il nourrissait depuis longtemps.

Après deux années de formation au Centre de Documentation et de Formation Judiciaire, alternant stages au Camp Samory et dans diverses juridictions, il prête serment et est affecté pour la première fois à Mandiana. Une joie qu’il partageait encore récemment avec ses proches.

La mort de David Simbiano a surpris tout son entourage. Selon les témoignages, il avait passé une journée normale avec ses enfants avant de ressentir une forte chaleur suivie de vomissements. Transporté d’urgence à l’hôpital Donka, il s’éteint aux environs de 3 heures du matin malgré les efforts des médecins et de ses proches. Il laisse derrière lui une fille de 10 ans, un garçon de 3 ans et une fiancée inconsolable.

Le représentant de la famille, ému, a salué la mobilisation exceptionnelle de l’institution judiciaire

« Nous sommes blessés, mais votre présence nous réconforte. Partout où il est passé, David n’a laissé que des éloges. Il était humble, profondément humble. Nous demandons seulement que Dieu suscite des cœurs généreux pour l’avenir de ses enfants. »

Très touché, le ministre de la Justice, Yaya Kairaba Kaba, a rendu un hommage vibrant à « un débutant plein de promesses », rappelant l’abnégation du jeune magistrat

« Face à une fleur comme David Simbiano, face à son parcours, on ne peut qu’être ému. »

Il a également transmis les condoléances du Président de la République, Mamadi Doumbouya, et du Premier ministre, Amadou Oury Bah « David est parti, mais vous avez encore des milliers de David. »

La disparition brutale de David Simbiano à l’âge de 32 ans laisse un vide immense au sein de la magistrature guinéenne. Jeune, courageux, travailleur et animé d’un profond sens du devoir, il incarnait l’espoir d’une nouvelle génération de magistrats intègres et engagés. Il sera inhumé à Guéckédou dans les heures à venir.

Son passage, aussi bref que lumineux, restera gravé dans la mémoire de ceux qui l’ont connu et de toute une profession qui salue aujourd’hui l’homme et le magistrat qu’il aurait pu devenir.