La famille judiciaire guinéenne est plongée dans une profonde consternation après le décès tragique du magistrat Mohamed Bangoura, Procureur de la République près le Tribunal de Première Instance de N’Zérékoré. Arraché brutalement à l’affection de ses proches, de ses collègues et de toute la nation judiciaire dans un accident de la circulation, le jeune magistrat laisse derrière lui le souvenir d’un homme intègre, humble et entièrement dévoué au service de la justice.

Réunis lors d’un symposium d’hommage marqué par une vive émotion, magistrats, notaires, greffiers, avocats, collaborateurs ainsi que membres de la famille biologique du défunt ont multiplié les témoignages poignants pour saluer la mémoire d’un professionnel dont le parcours exemplaire incarnait l’espoir d’une justice forte, équitable et humaine.

Un magistrat prometteur emporté trop tôt

Né le 4 avril 1986 à Conakry, Mohamed Bangoura était fils de Yamoussa Bangoura et de Kadiatou Sylla. Son parcours académique l’a conduit de l’école primaire de Tanéné au collège de Tanéné, puis au lycée Bonfi, avant de poursuivre des études de droit à l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia.

Formé ensuite au Centre de formation judiciaire, il intègre la magistrature après l’obtention de son brevet. Sa carrière débute comme substitut du procureur au Tribunal de Première Instance de Pita. Il exercera par la suite à Kaloum, Kindia, puis à la CRIEF, avant d’être nommé en février 2026 Procureur de la République près le Tribunal de Première Instance de N’Zérékoré, fonction qu’il n’aura occupée que durant deux mois avant sa disparition.

La Chambre des notaires salue « un homme de conviction »

Prenant la parole au nom de la Chambre des Notaires de Guinée, Maître Kaïssa Camara, présidente des notaires de Guinée, a exprimé une immense tristesse face à cette disparition.

Elle a décrit Mohamed Bangoura comme « un magistrat engagé, un homme de conviction », dont le parcours, bien que trop court, fut marqué par « un profond sens du devoir, de la justice et de l’intérêt général ».

Selon elle, le défunt incarnait « l’espoir d’une justice forte, intègre et au service des citoyens ».

Le ministère de la Justice évoque une perte inestimable

Au nom du ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Abdoulaye Baldé, conseiller principal et porte-parole, a livré un message empreint de gravité.

Rappelant la fragilité de la condition humaine, il a souligné que la disparition de Mohamed Bangoura constitue « une perte inestimable pour la justice de notre pays ».

Il a également mis en avant les valeurs cardinales qui ont guidé la carrière du magistrat :

l’intégrité, l’indépendance, la probité et le sens élevé du devoir.

Le représentant du département de la Justice a enfin appelé l’ensemble des acteurs judiciaires à honorer sa mémoire en poursuivant avec détermination le combat pour une justice indépendante, accessible et équitable.

Les magistrats pleurent « une conscience, une boussole, un exemple »

L’un des hommages les plus marquants est venu de l’Association des Magistrats de Guinée, à travers Kaman Magloire Théophile Kouadjo, chargé de la communication.

Dans une intervention particulièrement émotive, il a décrit Mohamed Bangoura comme :

« une conscience, une boussole, un exemple ».

Le porte-parole a insisté sur son humanité, sa courtoisie et sa noblesse naturelle :

« On ne craignait pas Mohamed Bangoura, on le respectait. »

Évoquant l’onde de choc provoquée par l’annonce de sa disparition, il a rappelé combien le magistrat était apprécié tant dans les juridictions que sur les différentes plateformes professionnelles où les hommages ont afflué massivement.

Les greffiers appellent à plus d’humanité dans l’exercice judiciaire

L’Association des Greffiers de Guinée, par la voix de Maître Halimatou Barry, a également rendu un vibrant hommage au disparu.

Au-delà du deuil, son intervention a servi d’appel à la réflexion sur la noblesse et la responsabilité des fonctions judiciaires.

S’adressant particulièrement aux magistrats, elle a rappelé :

« L’exercice de la justice ne saurait se traduire à l’application froide des textes. »

Insistant sur la nécessité d’allier droit, humilité, compassion et respect de la dignité humaine.

Un camarade inoubliable pour sa promotion universitaire

La promotion universitaire du défunt, représentée par Me Idrison Bangoura, a livré un hommage chargé d’affection fraternelle.

Ses anciens camarades ont évoqué un homme :

humble

discret

fidèle en amitié

profondément pieux

toujours disponible pour les autres

Ils ont salué non seulement le magistrat brillant, mais aussi l’homme de cœur, attaché à ses valeurs morales, sociales et religieuses.

Une douleur immense pour la famille

Au-delà du professionnel admiré, c’est aussi l’époux, le père et le proche aimant qui est pleuré aujourd’hui.

Mohamed Bangoura laisse derrière lui une veuve et quatre enfants :

Sékou, Oumar, Fanta et Algassimou.

À travers les différents discours, un message fort s’est dégagé : la famille biologique du défunt n’est pas seule. Toute la famille judiciaire partage sa douleur et s’incline avec respect devant cette perte immense.

L’héritage d’un homme de justice

Si Mohamed Bangoura est parti trop tôt, son souvenir demeure vivant dans les consciences.

Ses collègues retiennent de lui :

la loyauté

la droiture

la rigueur

la courtoisie

l’humilité

le sens du devoir

Autant de valeurs qui continueront d’inspirer les générations actuelles et futures de magistrats.

Un dernier adieu

Dans une atmosphère de recueillement et de prières, la famille judiciaire guinéenne a adressé un dernier hommage à ce serviteur loyal de l’État.

Adieu, Mohamed Bangoura.

Adieu, cher collègue.

Adieu, homme de Justice.

Que la terre de Guinée lui soit légère.

Que Dieu, dans Sa miséricorde infinie, l’accueille dans Son paradis éternel.

Par, Ousmane Bony Sylla