Conakry, 5 juin 2026 – Quelques jours après la proclamation des résultats globaux provisoires du double scrutin législatif et communal du 31 mai 2026 par la Direction générale des élections (DGE), l’Observatoire national autonome de supervision des élections et du référendum (ONASUR-E) a procédé, ce vendredi, à la remise officielle de son rapport de certification au président de la Cour suprême. Cette démarche, conforme aux dispositions du Code électoral, constitue une étape importante du processus électoral en cours et du retour progressif à l’ordre constitutionnel.

À cette occasion, le président de l’ONASUR-E, le Dr Sékou Koureissy Condé, a rappelé que cette remise de rapport s’inscrit désormais dans une tradition institutionnelle solidement établie.

« Comme vous le savez, c’est désormais une pratique institutionnelle, une tradition institutionnelle, que l’Observatoire national de supervision du référendum constitutionnel et des élections, immédiatement après la proclamation des résultats provisoires par la Direction générale des élections, vienne déposer son rapport de certification », a-t-il déclaré.

Le président de l’institution a indiqué que ce document est l’aboutissement d’un travail approfondi mené par les onze superviseurs-conseillers de l’Observatoire. Le rapport retrace les principales observations effectuées sur le terrain, les difficultés rencontrées, les acquis enregistrés ainsi que les recommandations formulées en vue du renforcement des futurs processus électoraux.

Selon lui, l’ONASUR-E a assuré une supervision couvrant l’ensemble des composantes du processus électoral, dans un contexte marqué par un climat favorable au déroulement des opérations.

« L’ONASUR a travaillé sur le terrain. L’ONASUR a travaillé sur tous les aspects, tous les domaines du processus électoral, en termes d’observation et de supervision », a-t-il souligné.

Le Dr Condé a attribué cette dynamique positive à la mobilisation de l’ensemble des acteurs institutionnels et au cadre mis en place pour garantir l’indépendance de l’Observatoire. Il a notamment salué l’appui du ministère de l’Administration du territoire, du cabinet du Président de la République, du ministère des Affaires étrangères, des forces de défense et de sécurité ainsi que de la Haute Autorité de la communication.

Il a également rendu hommage à la Direction générale des élections pour l’organisation du scrutin, mettant en avant l’ampleur des défis logistiques relevés à l’échelle nationale.

« Le travail abattu était énorme. C’était un défi à relever. Le défi a été relevé », a-t-il affirmé, rappelant que plus de 23 000 bureaux de vote ont été installés sur l’ensemble du territoire national pour permettre la tenue des consultations électorales.

Dans son intervention, le président de l’ONASUR-E a adressé un message aux différents candidats et acteurs politiques engagés dans le processus, estimant que l’histoire retiendra avant tout leur sens des responsabilités et leur contribution à la préservation de la paix.

« Ce que l’histoire retiendra, c’est notre participation. C’est notre engagement. Mais ce que l’histoire retiendra de plus, c’est notre sens de la responsabilité citoyenne et patriotique pour retenir que c’est la Guinée qui a gagné et que c’est la paix qui est le meilleur résultat que nous avons tous ensemble offert à la Guinée », a-t-il déclaré.

Pour sa part, le premier rapporteur de l’ONASUR-E, Ousmane Diaby, a rappelé le fondement juridique des missions de l’institution, notamment les dispositions de l’article 341 du Code électoral qui lui confèrent la responsabilité de superviser les processus référendaires et électoraux.

Il a indiqué que l’Observatoire a déployé des superviseurs sur toute l’étendue du territoire national ainsi qu’au sein des représentations diplomatiques guinéennes à l’étranger. Ces agents ont été recrutés, formés et mobilisés pour collecter les données nécessaires à l’élaboration du rapport de certification.

« L’ONASUR n’est pas dans l’opérationnel s’agissant des élections. Il est plutôt dans la supervision », a-t-il précisé, ajoutant que les informations recueillies ont fait l’objet d’analyses approfondies au niveau du quartier général de l’institution.

Le deuxième rapporteur chargé des opérations, Ibrahima Kalil Bamba, a quant à lui souligné la portée particulière de cette remise de rapport, qu’il considère comme un acte à triple dimension : légale, institutionnelle et républicaine.

Selon lui, le rapport constitue à la fois une exigence prévue par les textes, un témoignage officiel des constats effectués tout au long du processus électoral et une contribution à la consolidation des pratiques démocratiques.

Évoquant les défis liés à la mission de supervision, il a mis en avant le professionnalisme des superviseurs déployés sur le terrain.

« La supervision n’est pas aisée, mais nous avons déployé sur toute l’étendue du territoire national, ainsi que dans les ambassades et consulats de la République de Guinée, des superviseurs qui ont été recrutés sur la base de critères très stricts et rigoureux, fondés sur la neutralité, l’objectivité, la disponibilité et l’intégrité », a-t-il indiqué.

Par cette remise officielle à la Cour suprême, l’ONASUR-E estime avoir pleinement accompli sa mission de supervision du scrutin législatif et communal du 31 mai 2026. Au-delà des résultats électoraux, l’institution met en avant la préservation d’un climat de paix, de stabilité et de cohésion nationale, qu’elle considère comme l’un des principaux acquis de cette étape majeure du processus de transition et de consolidation démocratique en Guinée.