À quelques jours de sa rentrée solennelle 2026-2027 et de la célébration de son 40ᵉ anniversaire, le Barreau de Guinée vient de franchir une nouvelle étape dans son histoire avec l’intégration de 17 nouveaux avocats, à l’issue d’une audience solennelle de prestation de serment organisée le vendredi 6 novembre 2026, à la Cour d’appel de Conakry.

Cette cérémonie, qui s’est déroulée dans la grande salle d’audience du Tribunal  du  procès 28-Septembre, marque un moment important pour la famille judiciaire guinéenne. Parmi les nouveaux récipiendaires figurent 13 candidats admis au Certificat d’aptitude à la profession d’avocat (CAPA), session 2026, ainsi que quatre docteurs en droit admis sur titre.

La cérémonie a connu la participation du Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory II Tounkara, du Bâtonnier de l’Ordre des avocats, Me Mamadou Souaré Diop, ainsi que de plusieurs responsables des institutions judiciaires.

Quarante ans d’histoire et de combat pour le droit

Créé en juillet 1986, le Barreau de Guinée s’apprête à célébrer quatre décennies d’existence. Depuis sa naissance, cette institution professionnelle occupe une place essentielle dans l’architecture judiciaire du pays, notamment à travers la défense des droits des citoyens, l’assistance aux justiciables et la protection des libertés fondamentales.

À ses débuts, le Barreau comptait moins d’une quinzaine d’avocats. Parmi les premières figures de cette profession se trouvait Me Charlotte Laurence, reconnue comme la première femme à avoir intégré le Barreau guinéen.

Quarante années plus tard, la profession a connu une évolution progressive, avec l’arrivée de nouvelles générations d’avocats et une diversification des compétences juridiques. Cette évolution témoigne de l’importance grandissante de la profession dans la consolidation de l’État de droit et le fonctionnement du service public de la justice.

Cependant, derrière cette progression, le Barreau reste confronté à des défis institutionnels et matériels. Son autonomie, ses conditions de fonctionnement, la disponibilité d’infrastructures professionnelles adaptées et la nécessité de renforcer l’accès à la justice demeurent au cœur des préoccupations de l’institution.

Dix-sept nouveaux avocats, un renfort pour la famille judiciaire

La prestation de serment du 6 novembre constitue ainsi un signal de renouvellement pour le Barreau guinéen.

En accueillant 17 nouveaux membres, l’institution renforce ses ressources humaines et élargit les perspectives de défense et d’assistance juridique offertes aux citoyens.

À cette occasion, le Bâtonnier Me Mamadou Souaré Diop a rappelé aux nouveaux confrères les exigences fondamentales de la profession, notamment l’indépendance, la probité, la loyauté, la conscience professionnelle et le respect des règles déontologiques.

Le Premier président de la Cour d’appel de Conakry, Aly Touré, a également insisté sur la responsabilité qui accompagne le port de la robe. Il a notamment exhorté les nouveaux avocats à faire preuve de dignité, de compétence et d’intégrité dans l’exercice de leur métier.

De son côté, le Procureur général près la Cour d’appel de Conakry, Fallou Doumbouya, a attiré l’attention sur les exigences de retenue et de responsabilité dans la communication publique, particulièrement sur les réseaux sociaux.

Pour les autorités judiciaires, l’avocat ne doit pas seulement être un défenseur des intérêts de son client. Il est également un acteur essentiel de l’administration de la justice, dont le comportement doit contribuer à préserver la confiance des citoyens dans les institutions.

Le ministre de la Justice mise sur l’accès à la justice

Prenant part à cette audience solennelle, le Garde des Sceaux, Ibrahima Sory II Tounkara, a salué l’arrivée de ces nouveaux professionnels du droit au sein de la famille judiciaire.

Il a notamment souligné l’importance de leur contribution au perfectionnement et au progrès de la justice guinéenne.

Le ministre a également évoqué la mise en œuvre de l’aide juridictionnelle à travers un fonds destiné à faciliter l’assistance juridique aux personnes les plus démunies.

Dans cette perspective, il a exprimé le souhait de voir des avocats mis à la disposition de ce mécanisme afin de permettre aux populations, y compris celles vivant à l’intérieur du pays, de bénéficier d’un accompagnement juridique adapté.

Cette orientation ouvre un chantier important pour la profession : faire en sorte que l’accès à un avocat et à une défense de qualité ne soit pas exclusivement réservé aux citoyens disposant de moyens financiers suffisants.

Du 9 au 13 novembre, une semaine historique pour le Barreau

Quelques jours après cette prestation de serment, le Barreau de Guinée s’apprête à ouvrir une nouvelle page de son histoire avec une semaine commémorative prévue du 9 au 13 novembre 2026.

Selon le communiqué de l’Ordre des avocats, trois grands rendez-vous meubleront cette célébration :

La rentrée solennelle 2026-2027 du Barreau de Guinée ;

La célébration du 40ᵉ anniversaire de l’institution ;

L’Université d’été du Réseau des institutions de formation des avocats (RIFAV), organisée en Guinée.

Placée sous le thème : « 40 ans de défense des libertés, de l’État de droit et de l’indépendance de la Justice en Guinée », cette rencontre réunira les acteurs de la communauté juridique et judiciaire, les partenaires institutionnels ainsi que les professionnels du droit.

Au-delà de son caractère commémoratif, cette semaine sera une occasion de revisiter le parcours du Barreau, d’évaluer les acquis de quatre décennies d’existence et d’engager une réflexion sur les perspectives de modernisation de la profession.

Elle permettra également de mettre en lumière les responsabilités des avocats face aux enjeux contemporains de la justice, notamment la protection des droits humains, la défense des libertés publiques, l’indépendance de la magistrature et le renforcement des garanties judiciaires.

Une nouvelle génération face aux défis de demain

La coïncidence entre l’arrivée de 17 nouveaux avocats et la célébration des 40 ans du Barreau donne une dimension particulière à cette rentrée judiciaire.

D’un côté, une institution qui porte quatre décennies de combats professionnels et institutionnels ; de l’autre, une nouvelle génération appelée à poursuivre et à consolider cet héritage.

Pour le Barreau de Guinée, le défi ne consiste donc pas uniquement à célébrer son passé, mais également à préparer son avenir, en renforçant son indépendance, sa représentativité, sa capacité d’action et son rôle dans la protection des citoyens.

Quarante ans après sa création, l’Ordre des avocats est ainsi appelé à réaffirmer sa vocation première : faire du droit un instrument de protection des libertés, de justice sociale et de consolidation de l’État de droit.

Entre mémoire institutionnelle, renouvellement générationnel et exigences de justice, la rentrée solennelle 2026-2027 s’annonce comme un rendez-vous majeur dans l’histoire du Barreau guinéen.

 

Par, Ousmane Bony Sylla