En Guinée, la réforme de l’Administration fiscale entreprise en 2023 au bénéfice de 1.800 agents et plus de 50 services a été réalisée à un rythme accéléré.

Ainsi, parallèlement, s’est poursuivi l’objectif de dématérialisation des procédures avec le développement des télédéclarations estimées à 10 millions en 2024 et le paiement dématérialisé (SAFiG I et II) s’appliquant aux trois (3) quarts des impôts des particuliers et à la quasi-totalité des impôts des professionnels.

Ces évolutions allègent de manière progressive, le coût de la gestion fiscale et améliorent la qualité des services rendus aux usages. Il en est de même de la généralisation de la télédéclaration, du prélèvement automatique et du télépaiement des impôts locaux en 2026.

L’Administration ne se contente pas de faire appliquer les règles fiscales, elle doit participer étroitement à leur élaboration par son service de la législation fiscale et s’ouvre à la médiation avec les personnels et les contribuables par ses organes consultatifs auprès de la DGI.

Le Statut particulier de la DGI à instituer:

En Guinée, il n’existe pas au sein de la DGI un statut particulier régissant l’évolution de l’agent ou cadre des impôts à commencer par son engagement à la fonction publique jusqu’à son départ à la retraite. Les 90 % de l’effectif des travailleurs sont classés dans la hiérarchie A sans avoir le mérite. Puis les grades d’inspecteur simple, d’inspecteur principal, de chef de section, de division, de service et de directeur général adjoint ou directrice générale, etc. ne sont pas régis par un statut particulier ou même général. Cet état de choses crée la cacophonie voire le désordre total au niveau des agents et cadres des impôts. En effet, les postes s’octroient par complaisance ou par affinité relationnelle ou parentale aggravée par l’ethnocentrisme ou le régionalisme. Donc, face à un tel désastre comment la DGI peut-elle être une administration de service de qualité, pendant que les cadres inférieurs non formés commandent les cadres supérieurs mieux formés qu’eux ? C’est dans ce sens que nous proposons la mise en place d’un statut particulier à la DGI pour remédier à ce phénomène dangereux qui paralyse la rentabilité des ressources humaines qui gèrent les impôts en République de Guinée.

Le plan de carrière des agents et cadres

Le plan de carrière des agents et cadres n’existant pas dans les normes légales ou réglementaires en Guinée ; pour y remédier, nous proposons que la DGI fasse un effort pour instaurer cette mesure de gestion et de suivi normal du personnel au fur et à mesure qu’il évolue. L’intérêt que cela entraine c’est le meilleur suivi des ressources humaines qui pourraient impacter celles-ci tout au long de leur carrière.

La motivation du personnel

La motivation du personnel de la DGI en Guinée peut prendre plusieurs formes : la promotion administrative sur mérite et sur formation, l’octroi des pénalités des impôts recouvrés que l’Etat a depuis fort longtemps accordé à la DGI (voir loi de finances de 2001) en fonction des mérites des services d’assiette et de recouvrement, etc. Cela a déjà commencé avec primes de pénalités et les pénalités de performance.

Somme toute, si ces mesures que nous venons de proposer ci haut sont mieux observées, il va sans dire que la gestion de la DGI en général et les personnels en particulier connaitront une amélioration substantielle en termes de recettes pour satisfaire le budget national et celui des collectivités afin de promouvoir le développement socioéconomique de la Guinée qui vit dans un état de pauvreté inquiétant. Après notre parcours tendanciel en termes de mesures de renforcement des primes de pénalités et les pénalités de performance, il nous importe maintenant de focaliser notre réflexion sur d’autres mesures spécifiques à l’administration fiscale qui a la charge de gérer des ressources humaines et la nomination aux postes de responsabilité qui nous parait mal organisée ou mal structurée. D’où l’ultime nécessité de restructurer celle-ci en profondeur en vue de réussir le pari de performance de Madame la Directrice générale des Impôts.

Par Dr MAMADOU ALIOU BAH, Inspecteur Principal des Impôts