Conakry a abrité l’atelier national de validation du premier rapport périodique de la République de Guinée relatif à la mise en œuvre de la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leurs familles. Cette rencontre marque une étape déterminante dans le respect par l’État guinéen de ses engagements internationaux en matière de droits humains.
Adoptée le 18 décembre 1990 par l’Assemblée générale des Nations Unies, la Convention internationale sur les droits des travailleurs migrants constitue un instrument juridique majeur de protection des personnes migrantes. Partie à cette Convention depuis l’an 2000, la Guinée est tenue, conformément à l’article 73, de soumettre un rapport périodique tous les cinq ans. Après la présentation de son rapport initial en 2015, le pays s’est engagé dans l’élaboration de son premier rapport périodique.
Ce processus, fruit d’un travail de longue haleine, a été jalonné par deux ateliers de rédaction tenus à Kindia en octobre 2025 et à Conakry en décembre 2025, précédés d’importantes opérations de collecte de données. Ces travaux ont permis de produire un premier projet de rapport, soumis aujourd’hui à l’examen et à la validation de l’ensemble des parties prenantes nationales.
L’atelier national de validation vise à garantir la qualité, l’exhaustivité et la conformité du document aux lignes directrices du Comité des travailleurs migrants, tout en assurant son appropriation nationale. Il réunit les membres du Comité interministériel de rapportage et de suivi des recommandations en matière de droits de l’homme, les partenaires techniques et financiers, les organisations de la société civile, les syndicats ainsi que d’autres acteurs clés de la question migratoire.
Les travaux s’inscrivent dans le cadre du Comité interministériel de rapportage et de suivi des recommandations, mécanisme national chargé de la rédaction des rapports destinés aux organes régionaux et internationaux des droits de l’homme. Le secrétariat dudit comité est assuré par la Direction nationale des droits de l’homme du Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, avec l’appui du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH), à travers son bureau pays en Guinée. Cette activité bénéficie également du soutien du projet PROMIS – Protection des Migrants, porté par le bureau régional du HCDH pour l’Afrique de l’Ouest (WARO).
L’ouverture officielle de l’atelier a été présidée par le Chef de cabinet du Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, Maître Bily Keita. Dans son discours, il a rappelé que la migration constitue aujourd’hui une réalité mondiale complexe, multidimensionnelle et profondément humaine, touchant des millions de personnes à la recherche de meilleures conditions de vie, de sécurité ou d’opportunités économiques. Il a souligné que derrière chaque migrant se trouvent une histoire, une famille et des droits fondamentaux qui doivent être respectés et protégés.
Le représentant du Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme a réaffirmé la responsabilité première de l’État guinéen dans la lutte contre la xénophobie, la stigmatisation et les discours de haine à l’égard des migrants et des personnes en situation de mobilité. Il a insisté sur la volonté du gouvernement de placer la question migratoire au cœur de ses priorités, en veillant à l’alignement des politiques nationales sur les instruments juridiques régionaux et internationaux relatifs aux droits de l’homme.
Selon Maître Bily Keita, l’atelier de validation constitue une étape cruciale du processus de rapportage, visant à améliorer la qualité du document et à garantir son appropriation par l’ensemble des acteurs concernés. Il a exhorté les participants à contribuer activement aux échanges, afin d’enrichir le contenu du rapport, de corriger d’éventuelles insuffisances et de s’assurer qu’il reflète fidèlement les réalités vécues par les travailleurs migrants et les membres de leurs familles en Guinée.
En conclusion, il a réitéré l’engagement du Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme en faveur d’une migration sûre, ordonnée et régulière, fondée sur la dignité humaine, la solidarité et la responsabilité partagée, tout en saluant l’appui des partenaires techniques et financiers. Sur ces mots, il a déclaré officiellement ouverts les travaux de l’atelier national de validation, formulant le vœu que ses résultats contribuent significativement au renforcement de la protection des droits des migrants et à la promotion du développement humain durable en Guinée.


