Le gouvernement guinéen a célébré ce jeudi 20 novembre 2025 les Journées nationales des symboles de l’État, un rendez-vous placé sous le signe de la mémoire collective et du renouvellement du lien civique. La cérémonie, présidée par le Premier ministre Amadou Oury Bah, s’est tenue dans un réceptif hôtelier de Conakry, en présence de membres du gouvernement, de représentants des institutions et de nombreux acteurs judiciaires.

Prenant la parole devant un public attentif, le Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Yaya Kaïraba Kaba, a livré un discours d’une grande profondeur. Il a expliqué que cette journée « va bien au-delà de la simple célébration formelle d’emblème national ».

Pour lui, il s’agit de célébrer « les fondations inaltérables de notre identité commune », « le ciment invisible qui nous unit par-delà nos diversités », mais aussi « l’idéal qui nous transcende, cet appel supérieur à la grandeur, au devoir et à l’harmonie ».

Pour lui, il s’agit de célébrer « les fondations inaltérables de notre identité commune », « le ciment invisible qui nous unit par-delà nos diversités », mais aussi « l’idéal qui nous transcende, cet appel supérieur à la grandeur, au devoir et à l’harmonie ».

Le ministre a rappelé que la célébration des symboles nationaux constitue avant tout un engagement réciproque :

– l’engagement de l’État à préserver et transmettre l’héritage national ;

– l’engagement des citoyens à honorer les valeurs qui les unissent ;

– et l’engagement mémoriel « de ne jamais oublier l’histoire et les sacrifices qui ont forgé la nation ».

Le Garde des Sceaux a insisté sur le rôle pédagogique majeur de ces journées :
« L’éducation civique ne se limitant pas aux seules salles de classe, elle prend vie lors de ces moments de rassemblement », a-t-il affirmé.

Ces moments de communion nationale permettent ainsi de transmettre aux jeunes générations la signification du drapeau, de l’hymne national, de la devise et des armoiries, tout en ravivant la mémoire des plus âgés.

Le drapeau national, miroir des sacrifices et des espoirs de la Nation.

Le ministre Kaba a longuement rappelé la portée symbolique du tricolore rouge-jaune-vert, affirmant que le drapeau « n’est pas qu’un morceau d’étoffe ».

  • Le rouge : « la couleur du sacrifice, du courage et de la détermination », représentant le sang versé lors des luttes contre l’occupation coloniale et les combats pour la liberté.
  • Le jaune : symbole du soleil, de « la lumière, de la connaissance et de l’énergie positive » qui éclaire le chemin du progrès et de la prospérité.
  • Le vert : couleur de « l’espérance, de la fertilité de la terre nourricière » et de l’harmonie entre toutes les composantes du peuple.

Ces couleurs, profondément panafricaines, incarnent aussi la devise nationale Travail – Justice – Solidarité, présentée comme la quintessence des valeurs fondatrices de la République.

Le Premier ministre : « Les symboles de l’État ne doivent pas être figés »

Le chef du gouvernement, Amadou Oury Bah, a profité de ce moment pour élargir la réflexion sur ce que représentent les symboles aujourd’hui.

Il a d’abord salué le rôle essentiel des artistes, déclarant que « les artistes sont les symboles qui représentent notre passé, notre présent ». Leurs sonorités ancestrales, transmises à travers les siècles, constituent selon lui un trésor culturel qu’il faut impérativement conserver pour éclairer les générations futures : « à travers toutes ces chansons, ça représente en partie notre histoire et notre identité ».

Le Premier ministre a ensuite insisté sur la nécessité de faire évoluer le narratif national :

« Les symboles de l’État ne sont pas des symboles figés dans l’histoire. À chaque étape, ça doit être revisité pour que chaque citoyen de la République de Guinée puisse s’y retrouver ».

Il a rappelé que même la couleur rouge du drapeau doit désormais intégrer d’autres épisodes de l’histoire guinéenne : la traite négrière, les résistances à la domination coloniale, mais aussi les sacrifices contemporains faits pour la consolidation de la République.

Des symboles au service de la refondation

Revenant sur le contexte politique actuel, Amadou Oury Bah a indiqué que ces symboles doivent aussi accompagner la refondation de l’État, menée sous le leadership du Président Djahiem Ahmadi Boulouia.

Selon lui, le narratif national doit refléter cette étape décisive, notamment avec l’adoption par voie référendaire d’une Constitution « particulièrement innovante » qui « consolide les symboles et les narratifs qu’on peut retrouver à travers les valeurs de l’État ».

Il a également mentionné la mise en service du Transguinéen, présenté comme un symbole spectaculaire du renouveau national : un projet ayant « brisé le plafond de verre » et réalisé « le rêve de plusieurs générations de Guinéens ».

En conclusion, le Premier ministre a appelé à un travail continu de transmission et de relecture de l’histoire nationale, notamment dans les écoles :

« Je vous invite à revisiter notre histoire… pour que le narratif qui correspond à ce que nous sommes aujourd’hui prenne en compte tous les enseignements et nous permette de nous projeter vers le futur ».

Ce travail de mémoire permettra, selon lui, de léguer aux jeunes générations les outils nécessaires pour se dépasser à leur tour et « briser un autre plafond de verre, avec l’aide de Dieu ».