Le ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, à travers le Centre de formation judiciaire (CFJ), a officiellement lancé, ce samedi 8 août 2026, le concours de recrutement de 100 auditeurs de justice au complexe scolaire de Kipé. La cérémonie a été présidée par le Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory II Tounkara, entouré des membres de son cabinet.

Cette nouvelle opération de recrutement intervient une semaine après le lancement du concours destiné au recrutement de 100 élèves-greffiers. Au total, 766 candidats prennent part à cette compétition, qui vise à renforcer les effectifs de la magistrature guinéenne.

Le directeur général du Centre de formation judiciaire, Alhassane Naby Camara, a indiqué que ce concours répond à l’une des principales priorités du département : combler le déficit de ressources humaines dans le secteur judiciaire.

« Nous avons 766 candidats qui concourent pour devenir de futurs magistrats. Le renforcement du capital humain constitue aujourd’hui une priorité du ministère de la Justice », a-t-il déclaré.

Le responsable du CFJ a rappelé que la Guinée figure parmi les pays disposant du plus faible nombre de magistrats par habitant. Selon lui, le pays compte environ un magistrat pour 40 000 habitants, contre une norme internationale estimée à un magistrat pour 10 000 habitants, soulignant ainsi l’urgence de renforcer les effectifs.

Le concours se déroule en deux étapes. La première phase est consacrée aux épreuves écrites, avec une composition en culture générale le samedi, suivie le dimanche des épreuves de droit civil et de procédure pénale. Les candidats déclarés admissibles accéderont ensuite à la phase orale.

Afin de garantir la transparence du processus, plusieurs mesures organisationnelles ont été mises en place. Le directeur général du CFJ a annoncé la constitution d’un jury indépendant, présidé par le conseiller principal du ministre de la Justice, ainsi que le déploiement d’importants dispositifs logistiques et sécuritaires associant la police, la gendarmerie et l’administration pénitentiaire.

Des superviseurs ont également été mobilisés pour contrôler le travail des surveillants et veiller au strict respect des règles durant les épreuves.

Concernant la correction des copies, Alhassane Naby Camara a précisé qu’elle débutera immédiatement après la fin des épreuves écrites. Les copies feront l’objet d’une anonymisation avant d’être soumises à une double correction, chaque copie étant évaluée par deux correcteurs distincts afin de garantir l’impartialité des résultats.

Aucune date n’a toutefois été fixée pour la proclamation des résultats d’admissibilité, le responsable du CFJ assurant que toutes les étapes seront menées « sans désemparer », jusqu’à la publication des résultats.

Interrogé sur les risques de fraude, il a reconnu que des tentatives pouvaient toujours exister, tout en affirmant que toutes les dispositions nécessaires avaient été prises pour prévenir et détecter d’éventuelles irrégularités.

Président du jury du concours d’accès à la magistrature de la 8ᵉ promotion du Centre de formation judiciaire, Abdoulaye Baldé a expliqué que les membres du jury ont été désignés par le ministère de la Justice en raison de leur intégrité. Leur mission, a-t-il précisé, consiste à assurer le bon déroulement du concours dans des conditions de transparence et d’équité.

Il a salué les dispositions prises par le département de la Justice et révélé que les sujets d’examen ont été sélectionnés seulement quelques minutes avant le début des épreuves afin de prévenir toute fuite.

Prenant la parole, le Garde des Sceaux, Ibrahima Sory II Tounkara, a rappelé que cette campagne de recrutement s’inscrit dans une politique plus large de renforcement des capacités de la justice guinéenne.

« Il y a une semaine, nous avons lancé le recrutement de 100 élèves-greffiers. Aujourd’hui, nous lançons celui de 100 auditeurs de justice. La justice guinéenne souffre d’un manque criant de magistrats, et ce déficit doit être comblé », a déclaré le ministre.

Selon lui, la Guinée compte actuellement moins de 500 magistrats pour une population estimée à 17,6 millions d’habitants, soit environ un magistrat pour 42 000 personnes, un ratio très éloigné des standards internationaux.

Le ministre a exprimé le souhait de poursuivre les recrutements au cours des prochaines années afin de rapprocher progressivement la Guinée des normes internationales en matière d’administration de la justice.

S’adressant enfin aux candidats, Ibrahima Sory II Tounkara a insisté sur les valeurs qui doivent guider les futurs magistrats.

« Ce concours est organisé pour recruter les meilleurs Guinéens. Les candidats ne doivent compter que sur leurs propres efforts. La compétence, la rigueur et l’intégrité seront les seuls critères de sélection », a-t-il conclu.

Par, Ousmane Bony Sylla