La République de Guinée retiendra longtemps le passage de Yaya Kairaba Kaba à la tête du ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, sous le gouvernement dirigé par Amadou Oury Bah. Magistrat de carrière, homme de droit et serviteur rigoureux de l’État, il s’est imposé comme l’un des rares ministres à avoir profondément marqué l’histoire récente de l’institution judiciaire guinéenne.
Dans un contexte où la justice guinéenne souffrait d’un déficit de crédibilité, de moyens et de respect institutionnel, Yaya Kairaba Kaba a su, par son autorité morale, sa connaissance du système judiciaire et son attachement aux valeurs républicaines, ramener l’institution au sommet de l’État. Son passage au ministère restera comme celui d’un homme qui a redonné à la justice sa dignité, sa place et sa solennité.
Pour la première fois dans l’histoire judiciaire de la Guinée, le Sceau de l’État a été officiellement mis en service sous son magistère, marquant ainsi le retour aux traditions républicaines et au respect des symboles de l’autorité judiciaire. Ce geste, hautement symbolique, a renforcé la crédibilité de l’État et rappelé que la justice n’est pas seulement une fonction, mais une institution sacrée au cœur de la République.
Au-delà des symboles, Yaya Kairaba Kaba a posé des actes concrets et structurants. Sous son leadership, toutes les juridictions du pays ont été dotées de véhicules de commandement, facilitant le fonctionnement de la justice et renforçant l’autorité des chefs de juridiction sur l’ensemble du territoire. Les maisons d’arrêt, tout comme la Maison centrale de Conakry, ont également bénéficié de moyens roulants, améliorant significativement la gestion pénitentiaire et les conditions de travail de l’administration carcérale.
Homme de rigueur et de principes, Yaya Kairaba Kaba s’est distingué par son profond respect du lieu judiciaire. Pour lui, le tribunal n’est pas un espace ordinaire : c’est un sanctuaire républicain où s’exerce l’autorité de la loi au nom du peuple. Cette vision, il l’a incarnée par son comportement, son langage, sa posture et son refus de toute banalisation de la justice.
Aujourd’hui ancien ministre, Yaya Kairaba Kaba demeure une référence morale et institutionnelle. Son héritage ne se mesure pas seulement en infrastructures ou en équipements, mais surtout dans la restauration de la dignité de la justice guinéenne, dans le respect du magistrat et dans la réaffirmation de l’État de droit.
La nation guinéenne lui doit reconnaissance et considération. Car rares sont ceux qui, par leur passage aux affaires, laissent une empreinte aussi nette, aussi respectée et aussi durable dans l’histoire d’une institution aussi sensible que la justice.
Hommage à un grand serviteur de l’État.


