Conakry, 22 avril 2026 — La Guinée franchit une nouvelle étape dans la lutte contre les crimes environnementaux. Ce mercredi, le Directeur général du Centre de Formation Judiciaire (CFJ), Alhassane Naby Camara, a annoncé la signature d’une convention de partenariat entre le CFJ et l’ONG Eagle, spécialisée dans la protection de la faune sauvage.

Un accord au service de la justice environnementale

Cette collaboration marque une avancée significative dans le renforcement des capacités des acteurs du système judiciaire guinéen. Elle vise à mieux outiller magistrats, greffiers et auxiliaires de justice face à la montée du trafic illicite d’espèces animales et aux menaces croissantes qui pèsent sur la biodiversité.

À travers cet accord, les deux institutions entendent développer des programmes de formation dédiés au droit faunique, un domaine encore peu exploré mais devenu essentiel dans le contexte actuel.

Former pour mieux juger

L’objectif est clair : doter les professionnels de la justice des compétences juridiques, techniques et pratiques nécessaires pour traiter efficacement les infractions liées à la faune. Il s’agit notamment de :

renforcer la maîtrise des textes nationaux et des conventions internationales ratifiées par la Guinée ;

améliorer les techniques d’enquête et d’instruction des dossiers environnementaux ;

garantir une meilleure qualification juridique des infractions et une répression adaptée.

En consolidant ces acquis, les autorités espèrent accroître la qualité des décisions judiciaires et dissuader davantage les réseaux criminels impliqués dans le trafic d’espèces protégées.

Vers une meilleure coordination judiciaire

Au-delà de la formation, ce partenariat ambitionne également de renforcer la coordination entre les différents acteurs de la chaîne pénale, notamment les services de sécurité, les magistrats et les organisations spécialisées.

Cette approche intégrée devrait permettre d’améliorer l’efficacité des poursuites judiciaires et de réduire les failles souvent exploitées par les trafiquants.

Une justice face aux défis environnementaux

Ce partenariat s’inscrit dans une dynamique plus large de spécialisation de la justice guinéenne, appelée à répondre avec rigueur et expertise aux enjeux environnementaux contemporains. Face à l’ampleur du trafic de faune sauvage en Afrique de l’Ouest, la professionnalisation des acteurs judiciaires apparaît désormais comme un levier essentiel pour protéger durablement les ressources naturelles du pays.

Avec cette initiative, la Guinée confirme sa volonté de renforcer l’État de droit dans le domaine environnemental et de contribuer activement à la préservation de la biodiversité.

Par, Ousmane Bony Sylla