Conakry, 27 juillet 2026 – La Présidente de la Chambre des notaires de Guinée, Maître Kaissa Camara, a salué la décision rendue ce lundi 27 juillet 2026 par le Tribunal de première instance de Dixinn, condamnant Sory Millimono et Elhadj Ibrahima Soumah pour faux, usage de faux et usurpation du titre de notaire. Elle estime que ce jugement constitue un signal fort en faveur de la protection des actes authentiques et du renforcement de la sécurité juridique en Guinée.
Les deux prévenus avaient été poursuivis à la suite d’une plainte introduite par la Chambre des Notaires de Guinée. Après examen du dossier, le Tribunal de première instance de Dixinn les a reconnus coupables des faits qui leur étaient reprochés et les a condamnés à 18 mois d’emprisonnement, dont 14 mois assortis de sursis. La juridiction a également ordonné le paiement de 150 millions de francs guinéens à la Chambre des Notaires de Guinée à titre de dommages et intérêts, en réparation du préjudice subi.
Réagissant à cette décision, Maître Kaissa Camara s’est félicitée de l’issue de cette procédure, suivie de près par les professionnels du droit depuis plusieurs mois.
« Cela fait près de trois mois que nous suivions cette affaire. La Chambre des Notaires prend acte de cette décision de justice, qui constitue un signal fort en faveur de la protection de l’authenticité de nos actes et du respect de la loi. Nous nous réjouissons sincèrement de cette décision », a-t-elle déclaré.
Pour la présidente de la Chambre nationale des Huissiers de justice, la falsification des actes notariés et l’usurpation du titre de notaire constituent une menace grave pour les citoyens et pour la crédibilité du système judiciaire.
« Lorsqu’une personne reproduit ou falsifie un acte notarié ou usurpe la qualité de notaire, cela porte atteinte non seulement aux droits des citoyens, mais également à la confiance que le public place dans les institutions juridiques », a-t-elle souligné.
Elle a également attiré l’attention sur les conséquences de telles pratiques, notamment la multiplication des conflits fonciers, des successions litigieuses et de l’insécurité juridique qui peuvent en découler.
Face à ces risques, la Chambre des Notaires invite les citoyens à faire preuve de vigilance. Elle recommande de s’assurer que tout acte est établi par un notaire régulièrement installé au sein d’une étude notariale reconnue avant toute transaction importante.
Dans le cadre de la lutte contre la fraude documentaire, Maître Kaissa Camara a annoncé que la profession s’est dotée d’un timbre notarial sécurisé, intégrant plusieurs niveaux de protection destinés à renforcer l’authenticité des actes et à prévenir les falsifications.
Elle a, par ailleurs, rappelé les efforts entrepris pour rapprocher les services notariaux des populations. Des études notariales sont désormais opérationnelles dans plusieurs villes du pays, notamment à Kankan, Siguiri, Labé, Kindia, Forécariah et Dubréka. Ce processus de déploiement se poursuivra progressivement, avec l’appui des autorités compétentes et des conservateurs, afin d’améliorer l’accès aux services notariaux et de mieux sensibiliser les citoyens au rôle du notaire.
À travers cette condamnation, la justice guinéenne adresse un message de fermeté contre la falsification des actes authentiques et l’usurpation du titre de notaire. Pour les professionnels du droit, cette décision constitue une avancée importante dans la protection des citoyens, la préservation de la sécurité juridique et la lutte contre les fraudes documentaires.
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