Conakry, 15 juillet 2026 – Le ministère de la Justice et des Droits de l’Homme a lancé, ce mercredi à Conakry, la toute première Conférence nationale des procureurs de la République de Guinée. Prévue sur trois jours, cette rencontre historique réunit l’ensemble des procureurs du pays autour des enjeux de la politique pénale, des procédures judiciaires et du respect des droits de l’homme.
Présidée par le  Premier ministre, Chef du Gouvernement , Amadou Oury Bah, de hauts responsables des institutions judiciaires, des forces de défense et de sécurité ainsi que des partenaires du secteur de la justice, cette conférence marque une étape importante dans les réformes engagées pour renforcer l’efficacité de la justice guinéenne.
Dans son discours d’ouverture, le ministre de la Justice a indiqué que cette rencontre s’inscrit dans la dynamique de refondation de l’État impulsée par le Président de la République, le Général Mamadi Doumbouya. Selon lui, la justice constitue un pilier essentiel de la restauration de l’autorité de l’État, de la lutte contre l’impunité et de la consolidation de l’État de droit.


S’appuyant sur les dispositions de l’article 37 du Code de procédure pénale, qui confère au ministre de la Justice la responsabilité de conduire la politique pénale du Gouvernement, Ibrahima Sory II Tounkara a rappelé avoir élaboré une note circulaire définissant les orientations générales de la politique pénale nationale. Ce document, au cœur des travaux de la conférence, vise à garantir une application cohérente des directives par les magistrats du ministère public sur l’ensemble du territoire.
Le Garde des Sceaux a expliqué que cette circulaire répond aux défis posés par l’évolution de la criminalité, notamment la cybercriminalité, les infractions économiques et financières, le blanchiment de capitaux, la fraude fiscale, la corruption, le détournement de deniers publics, les escroqueries liées aux cryptomonnaies, ainsi que la traite des personnes, le trafic de migrants, le trafic de drogue et les atteintes à l’environnement.


Il a souligné que cette feuille de route permettra d’harmoniser les pratiques des parquets, de renforcer l’efficacité de l’action publique et de garantir une réponse pénale conforme au droit national ainsi qu’aux engagements internationaux de la Guinée en matière de droits de l’homme.
La note circulaire met notamment l’accent sur la lutte contre toutes les formes de criminalité, le renforcement d’une réponse pénale ferme, rapide et effective, la protection accrue des victimes, la lutte contre l’impunité et la promotion de l’égalité de tous devant la loi.
S’adressant aux procureurs de la République, le ministre les a exhortés à appliquer rigoureusement ces orientations afin de renforcer la crédibilité de la justice. Il a également insisté sur la nécessité d’améliorer la coordination entre les parquets, les services d’enquête et les autres acteurs de la chaîne pénale pour assurer un traitement plus efficace des procédures.


Le Garde des Sceaux a par ailleurs invité les magistrats du ministère public à développer une communication institutionnelle plus proactive afin de mieux informer les citoyens sur l’action des parquets et de renforcer la confiance du public envers l’institution judiciaire.
En clôturant son intervention, Ibrahima Sory II Tounkara a lancé un appel à la collaboration des citoyens, rappelant que les procureurs agissent au nom du peuple et que l’implication des victimes, des témoins et de l’ensemble des citoyens demeure indispensable pour une bonne administration de la justice.
À travers cette première Conférence nationale des procureurs, le ministère de la Justice et des Droits de l’Homme entend jeter les bases d’une justice plus harmonisée, plus efficace et davantage respectueuse des droits fondamentaux, en adéquation avec les ambitions de la Cinquième République.

Par, Ousmane Bony Sylla