Sous la conduite de sa présidente, la magistrate Mme Aïssatou Sacko, le Tribunal de première instance (TPI) de Kaloum a accueilli, les 21 et 22 mai 2026, cent un (101) étudiants de l’Université Nongo-Conakry dans le cadre d’une immersion pédagogique inédite au sein de cette juridiction.

Accompagnés de leurs encadreurs ainsi que de représentants estudiantins, ces futurs juristes ont eu l’opportunité de découvrir de près le fonctionnement de l’institution judiciaire guinéenne. Cette initiative, première du genre au TPI de Kaloum, s’inscrit dans une démarche de rapprochement entre le monde académique et le milieu professionnel afin de mieux préparer les étudiants aux réalités des métiers du droit.

Au cours de ces deux journées, les participants ont été initiés à l’organisation administrative et juridictionnelle du tribunal. Ils ont notamment découvert les différentes fonctions exercées au sein de la juridiction, les mécanismes de collaboration entre les services, les débouchés offerts par les études de droit ainsi que les conditions d’accès aux professions de magistrat, de greffier et de secrétaire de greffe.

Les étudiants ont également assisté à des audiences et suivi le déroulement de procédures pénales, civiles et criminelles, leur permettant ainsi de confronter les enseignements théoriques reçus à l’université aux réalités du terrain.

S’exprimant sur cette expérience, la présidente du TPI de Kaloum, Mme Aïssatou Sacko, s’est félicitée de l’intérêt et de l’engagement manifestés par les étudiants tout au long de leur séjour.

« Nous avons reçu en immersion 101 étudiants de l’Université Nongo-Conakry, accompagnés de leur encadreur ainsi que de représentants estudiantins. Durant ces deux jours, ils ont pu découvrir toutes les composantes d’une juridiction, tant sur le plan correctionnel, civil que criminel. Ils ont visité le parquet, le siège, les cabinets d’instruction, le greffe ainsi que les secrétariats de greffe afin de mieux comprendre le fonctionnement de chaque service », a-t-elle expliqué.

La magistrate a également souligné la curiosité des étudiants et leur volonté de comprendre concrètement le fonctionnement de la justice.

« Nous avons constaté chez eux une réelle envie d’apprendre. Bien qu’ils aient déjà reçu des enseignements théoriques, cette immersion leur a permis de voir comment ces connaissances se traduisent dans la pratique. Ils ont assisté à des audiences, échangé avec les juges d’instruction et observé le traitement de différents dossiers. Cette expérience les a beaucoup enrichis », a-t-elle indiqué.

Selon Mme Sacko, cette visite a constitué pour de nombreux étudiants une première découverte du monde judiciaire.

« Pour beaucoup d’entre eux, c’était la première fois qu’ils entraient dans une juridiction et assistaient au déroulement d’un procès. Cette expérience leur a permis de mieux comprendre les réalités du système judiciaire », a-t-elle ajouté.

Interrogée sur l’importance de telles initiatives, la présidente du TPI de Kaloum a insisté sur la nécessité d’intégrer davantage la pratique dans la formation des étudiants en droit.

« Il serait dommage que des étudiants passent plusieurs années à étudier le droit sans jamais découvrir le fonctionnement concret d’une juridiction. Ces immersions contribuent à leur formation pratique et facilitent leur future insertion professionnelle. Bien entendu, elles doivent se dérouler dans le strict respect des principes qui régissent l’administration judiciaire », a-t-elle souligné.

À travers cette initiative, le Tribunal de première instance de Kaloum confirme son engagement en faveur de la formation de la relève judiciaire. En offrant aux étudiants l’opportunité de confronter leurs acquis académiques aux réalités du terrain, cette immersion contribue à renforcer leurs compétences et à mieux les préparer aux exigences des métiers de la justice.

Une expérience enrichissante qui pourrait inspirer d’autres juridictions du pays à ouvrir davantage leurs portes aux futurs professionnels du droit, dans le respect des règles et principes qui encadrent le fonctionnement de l’institution judiciaire.

Par, Ousmane Bony Sylla