Face au phénomène des élèves qui désertent les salles de classe pendant les heures de cours, des agents de l’Office de protection du genre, de l’enfance et des mœurs (OPROGEM) sont descendus dans les rues de Kankan pour interpeller les élèves concernés. Une opération visant à rappeler l’importance de l’assiduité scolaire et la responsabilité partagée des familles, des établissements et de l’État dans la protection de l’enfance.

Alors que les cours se poursuivent dans les établissements scolaires, certains élèves se retrouvent dans les rues, les cafés, les places publiques ou d’autres lieux de rassemblement, au lieu de suivre leurs enseignements. Face à cette situation préoccupante, les autorités judiciaires de Kankan ont décidé de réagir. Sur instruction du parquet, des élèves surpris en situation de vagabondage scolaire pendant les heures de cours ont été interpellés, puis conduits devant les services de l’OPROGEM pour les besoins d’une enquête.

Cette intervention entend freiner un phénomène qui expose les enfants à de nombreux risques et compromet progressivement leur parcours scolaire. Au-delà de la simple absence en classe, le vagabondage scolaire peut favoriser l’oisiveté, les mauvaises fréquentations, le décrochage et, à terme, l’échec scolaire.

L’objectif d’une telle opération n’est pas de criminaliser l’enfance, mais de rappeler que la présence en classe constitue une obligation fondamentale pour tout élève régulièrement inscrit. Le temps consacré aux apprentissages est essentiel à la construction intellectuelle et sociale des enfants. Chaque heure de cours perdue peut creuser des lacunes difficiles à combler et fragiliser les chances de réussite.

La responsabilité des parents au cœur du débat

Cette initiative interpelle également les familles sur leur rôle dans l’éducation et l’encadrement des enfants. Les parents ne peuvent se limiter à inscrire leurs enfants à l’école et à leur fournir les fournitures nécessaires. Ils doivent également veiller à leur présence effective en classe, suivre leurs résultats, contrôler leurs fréquentations et maintenir un dialogue régulier avec les responsables des établissements.

Lorsque le suivi familial fait défaut, les enfants risquent de s’éloigner progressivement du cadre scolaire sans que les conséquences immédiates de leur comportement soient pleinement mesurées. La responsabilité éducative demeure donc partagée : l’école transmet les connaissances, tandis que la famille contribue à inculquer la discipline, le sens du devoir et le respect des règles.

Les responsables d’établissements et les encadreurs scolaires sont, eux aussi, appelés à renforcer leur vigilance. Le contrôle des absences, l’information rapide des parents, la sensibilisation des élèves et le dialogue avec les familles doivent constituer des priorités. Un dispositif efficace de suivi permet de détecter précocement les absences répétées et d’intervenir avant qu’elles ne se transforment en décrochage durable.

L’OPROGEM, un acteur de la protection de l’enfance

À travers cette opération, l’OPROGEM rappelle l’importance de sa mission de protection des enfants et de prévention des comportements susceptibles de compromettre leur sécurité et leur avenir. Son intervention s’inscrit dans une démarche de vigilance face aux risques auxquels les mineurs peuvent être exposés lorsqu’ils se retrouvent sans encadrement dans les rues pendant les heures de cours.

Toutefois, la fermeté doit s’accompagner d’une réponse éducative adaptée. Après les interpellations, il importe d’identifier les causes de l’absentéisme : négligence dans le suivi parental, difficultés scolaires, problèmes familiaux, manque de motivation ou autres facteurs susceptibles d’éloigner les enfants de l’école. Le dialogue avec les parents, la sensibilisation et, si nécessaire, l’accompagnement psychosocial peuvent contribuer à prévenir la répétition de ces comportements.

L’enjeu est donc de faire de cette intervention un signal d’alerte pour l’ensemble de la communauté éducative, plutôt qu’une réponse ponctuelle sans suivi.

En définitive, la lutte contre le vagabondage scolaire exige une mobilisation collective. Les parents doivent assumer pleinement leur rôle éducatif, les établissements renforcer le contrôle de l’assiduité et les services compétents poursuivre leurs efforts de protection de l’enfance.

Car l’avenir d’une nation se prépare aussi dans ses salles de classe. Protéger les enfants, c’est leur garantir les conditions nécessaires pour apprendre, grandir et construire leur avenir. À Kankan comme ailleurs en Guinée, le défi reste de faire en sorte que chaque élève soit à l’école pendant les heures de cours, là où se construit une part essentielle de son destin.

 

 

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