Les formateurs du Centre de Formation Judiciaire (CFJ) sont réunis en retraite à Kindia dans le cadre d’un important chantier de revue, d’actualisation et d’harmonisation des programmes de formation initiale et continue. Une initiative stratégique visant à renforcer durablement la qualité, la cohérence et la pertinence des formations dispensées aux acteurs de la chaîne judiciaire guinéenne.
Organisée dans un cadre propice à la réflexion et au travail de fond, cette retraite s’inscrit dans la dynamique de refondation de l’État, où la Justice occupe une place centrale. L’objectif général est clair : adapter les syllabi de formation aux exigences actuelles du système judiciaire guinéen, à la lumière des réformes législatives et institutionnelles récentes, tout en intégrant des approches pédagogiques modernes, axées sur les compétences.
Des objectifs ambitieux et structurants
De manière spécifique, la retraite vise à procéder à une évaluation critique des syllabi existants pour les différentes filières du CFJ, à actualiser les contenus de formation, à harmoniser les modules afin d’assurer une cohérence pédagogique, mais aussi à examiner les méthodes d’enseignement, d’évaluation et de suivi des apprenants. Elle permettra également d’identifier les besoins en renforcement des capacités des formateurs et de définir une feuille de route pédagogique pour les années à venir.
La Justice, pilier de la refondation de l’État
Dans son discours d’ouverture, la Secrétaire générale du ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, Madame Irène-Marie Hadjimalis, a salué le professionnalisme et l’engagement constant du CFJ, qu’elle a qualifié de « creuset où se façonne la qualité de la justice et la crédibilité des institutions ».
Elle a rappelé que cette retraite intervient dans un contexte marqué par l’adoption de la nouvelle Constitution, plaçant la Justice au cœur de la refondation de l’État, sous l’impulsion de Son Excellence le Général Mamadi Doumbouya, Président de la République. « Il ne peut y avoir de justice forte sans une formation de qualité. Investir dans la formation, c’est investir dans le système immunitaire de notre démocratie », a-t-elle affirmé.
Madame la Secrétaire générale a également insisté sur la nécessité d’un curriculum de formation intégrée, prenant en compte l’ensemble de la chaîne judiciaire — magistrats, greffiers, avocats, huissiers de justice et notaires — afin de favoriser la compréhension mutuelle des rôles et une synergie opérationnelle efficace. Elle a plaidé pour une formation initiale plus longue, portée à trois ans, avec une forte dominante pratique, ainsi qu’une spécialisation accrue et une meilleure maîtrise des outils technologiques et de la preuve numérique.
Les formateurs au cœur de la réforme
Prenant la parole à son tour, le Directeur général du CFJ, Monsieur Alhassane Naby Camara, a souligné que cette retraite constitue un moment stratégique, loin d’un simple séminaire de routine. Il a rappelé que le CFJ repose avant tout sur ses formateurs, véritables vecteurs de savoir, d’éthique et de rigueur professionnelle.
Évoquant les enjeux actuels de la formation judiciaire, il a mis en lumière l’évolution rapide de la criminalité — notamment économique, financière et numérique — ainsi que les attentes croissantes des citoyens en matière de qualité, de crédibilité et de célérité de la justice. Face à ces défis, il a appelé à une formation plus technique, plus pratique et mieux alignée sur les standards internationaux, sans négliger l’importance de la formation continue.
Vers un CFJ de référence
À travers cette retraite, le Centre de Formation Judiciaire ambitionne de devenir une institution de référence, tournée vers l’excellence et l’innovation pédagogique. Les échanges, réflexions et propositions issus de ces travaux devront aboutir à des outils pédagogiques pertinents, adaptés aux réalités du terrain et aux impératifs d’un État de droit.
En déclarant officiellement ouverte la retraite, les autorités ont exhorté les formateurs à faire preuve de lucidité, d’audace et de créativité, rappelant que la compétence technique et l’éthique professionnelle demeurent les meilleurs remparts de l’indépendance de la Justice en Guinée.

Ousmane Bony, pour leperroquetguinee.com