Koba (Boffa), 7 juillet 2026 – Une étape importante a été franchie dans la lutte contre les pratiques néfastes faites aux jeunes filles en Guinée. Dix communautés de la commune rurale de Koba, dans la préfecture de Boffa, ont officiellement déclaré l’abandon des mutilations génitales féminines (MGF) et des mariages d’enfants lors d’une cérémonie publique organisée ce mardi.
Munies de pancartes portant des messages tels que « Protégeons nos filles, garantissons leur éducation, préservons leur santé, respectons leurs droits », les populations ont manifesté leur engagement en faveur de la protection des droits des filles. À cette occasion, les exciseuses des dix communautés concernées ont symboliquement déposé leurs couteaux, marquant leur renoncement définitif à la pratique de l’excision.
Les communautés signataires sont celles des villages de Karamokoya, Bakia, Datapa, Makinsy 1, Sirifouyah, Menkinet, Kabèlèya 2, Mayango, Darabsè et Tafory, tous situés dans la commune rurale de Koba.
Dans son allocution, le nouveau maire de la commune rurale de Koba, Alsény Aminata Soumah, a salué cet engagement collectif en faveur de la santé, de l’éducation et des droits des jeunes filles. Il a rappelé que les mutilations génitales féminines et les mariages précoces constituent des violations graves des droits humains, compromettant l’avenir de nombreuses filles en les exposant à des violences physiques, psychologiques et à l’abandon scolaire.
Au nom des anciennes exciseuses, Mme Mamasta Soumah a confirmé leur décision d’abandonner définitivement ces pratiques. Elle a toutefois sollicité l’accompagnement des autorités locales et des partenaires afin de faciliter leur reconversion économique et leur insertion dans des activités génératrices de revenus.
La cérémonie a également été marquée par des sketches et des poèmes présentés par des filles leaders de Koba. À travers leurs prestations, elles ont dénoncé les conséquences de l’excision et des mariages d’enfants, tout en appelant à une meilleure protection des droits des jeunes filles.
Représentant le préfet de Boffa, Thierno Ligué Kourouma a souligné que les mutilations génitales féminines et les mariages précoces demeurent des obstacles majeurs à l’éducation et à l’épanouissement des filles. Il a invité les communautés à poursuivre leurs efforts pour éradiquer définitivement ces pratiques.
Prenant la parole au nom des autorités régionales, Mme Fanta Kaba, inspectrice régionale de la Femme, de la Famille et des Solidarités, s’est félicitée de la forte mobilisation des populations. Elle a encouragé les anciennes exciseuses à se constituer en groupements afin de bénéficier d’un meilleur accompagnement dans leurs activités de reconversion.
En clôturant la rencontre, elle a appelé l’ensemble des acteurs de la protection de l’enfance, des autorités locales, des leaders communautaires et des partenaires à unir leurs efforts pour garantir un avenir meilleur aux jeunes filles et favoriser leur plein épanouissement.
Cette déclaration publique constitue un signal fort dans la lutte contre les pratiques traditionnelles néfastes et témoigne de la volonté des communautés de Koba de promouvoir les droits, la santé et l’éducation des filles.
Par. Mamadouba Camara



