Le Procureur de la République près le Tribunal de Première Instance de Macenta a, dans un communiqué officiel rendu public le 10 février 2026, apporté des précisions sur de graves faits criminels survenus dans le district de Bokony, secteur Brékony, commune urbaine de Macenta. Cette sortie vise, selon le Parquet, à éclairer l’opinion publique sur des éléments objectifs, à prévenir la propagation de rumeurs et à mettre un terme aux troubles à l’ordre public consécutifs à ce drame.

Les faits remontent au jeudi 06 février 2026, aux environs de 13 heures. Une scène d’une extrême violence s’est produite, coûtant la vie à Monsieur Kpopayé Kolouboï BÉAVOGUI, mortellement atteint à la machette. L’auteur présumé de cet homicide, identifié comme Foromo Togba HABA, aurait également agressé d’autres citoyens dans un établissement local avant d’être pris à partie par une foule en colère. Victime d’une violente vindicte populaire, il a été transporté d’urgence à l’Hôpital Préfectoral de Macenta où il a succombé à ses blessures le même jour, aux environs de 18 heures.

Face à la gravité de la situation et aux tensions communautaires observées, le Procureur de la République s’est rendu personnellement sur les lieux du drame le lundi 09 février 2026 à 10 heures, accompagné des enquêteurs de la Compagnie de Gendarmerie Territoriale de Macenta. Cette mission de terrain a permis de rencontrer la famille de la victime, de recueillir les premiers témoignages auprès des sages du village et de constater l’ampleur des crispations nées de ce double décès.

Le Parquet alerte par ailleurs sur des informations faisant état de tentatives de séquestration, de menaces et de représailles dirigées contre la famille de l’auteur présumé décédé, notamment des femmes et des enfants mineurs. Des actes jugés « inadmissibles » par l’autorité judiciaire, qui rappelle que cette famille demeure sous la protection de la loi et que toute atteinte à son intégrité physique ou à sa liberté donnera lieu à des poursuites pénales immédiates.

Dans son communiqué, le Procureur de la République insiste avec fermeté sur un principe fondamental du droit pénal : la responsabilité pénale est strictement individuelle. Nul ne peut être poursuivi ou puni pour les actes commis par autrui. Il rappelle également que la justice ne saurait tolérer que des citoyens se substituent à l’État. Le lynchage de l’auteur présumé, bien que nourri par une émotion compréhensible, constitue en lui-même un crime supplémentaire qui complique sérieusement la manifestation de la vérité.

Selon le Parquet, la mort de l’auteur principal a privé l’enquête d’un élément clé susceptible de révéler l’existence d’éventuels coauteurs ou complices. Cet acte de vengeance aveugle entrave le travail judiciaire et nuit à l’établissement d’une justice complète et équitable. Le Procureur réaffirme à cet effet qu’aucun district, aucun village, ne se situe en dehors de la juridiction de la République.

Une enquête approfondie est actuellement en cours afin d’établir les circonstances exactes de l’homicide initial, d’identifier et d’interpeller toutes les personnes impliquées dans les violences ayant conduit à la mort de l’auteur présumé, et de poursuivre les auteurs des tentatives de séquestration et de menaces proférées contre la famille HABA.

En conclusion, le Parquet de Macenta assure que la justice sera rendue dans toute sa rigueur, mais exclusivement par les juridictions compétentes et non par la rue. Il lance un appel solennel à la population de Brékony au calme, à la retenue et au respect sacré de la vie humaine, conditions indispensables au retour de la paix sociale et à l’établissement de la vérité judiciaire.