Le paysage judiciaire et sécuritaire de Mamou connaît un changement majeur avec la mutation du procureur Souleymane Kouyaté au tribunal de première instance de Kissidougou. En poste à Mamou depuis décembre 2021, il a reçu un décret officiel le 1er novembre 2025, le convoquant à exercer ses fonctions dans une autre juridiction. Cette décision marque la fin d’une période caractérisée par un combat rigoureux contre le grand banditisme et plusieurs fléaux sociaux qui perturbaient la paix locale.

 

En acceptant ce transfert, le procureur Kouyaté a souhaité dresser le bilan de son mandat à Mamou, évoquant avec modestie mais netteté le chemin parcouru.

 

« En effet, un décret de mutation m’a été notifié le 1er novembre 2025, me nommant procureur de la République au tribunal de première instance de Kissidougou, après quatre années de service à Mamou », a-t-il expliqué avec franchise.

 

Durant ces quatre années, sous sa direction, le parquet de Mamou s’est distingué par des actions efficaces face à une situation sécuritaire très préoccupante. À son arrivée, le grand banditisme sévissait fortement, fragilisant la cohésion sociale et la paix publique.

 

Cependant, grâce à une coordination renforcée avec les autorités administratives et les forces de défense et de sécurité, des progrès notables ont été réalisés.

« Nous sommes arrivés à Mamou alors que le grand banditisme était à son apogée. Aujourd’hui, des améliorations sont visibles, même si nous n’avons pas encore réussi à endiguer tous les fléaux qui affectent Mamou », a reconnu le procureur.

Il a précisé que la nature même du banditisme est en constante évolution, rendant sa lutte complexe et permanente, mais il a insisté sur les résultats concrets obtenus.

Ces résultats se traduisent notamment par une baisse sensible des infractions graves telles que les vols de bétail, les viols et autres crimes violents.

« Le nombre de vols de bétail a fortement diminué à Mamou, tout comme les violences sexuelles. C’est un progrès important », a-t-il affirmé.

Cette réussite, selon lui, résulte d’une coopération étroite entre le parquet et les différentes forces de sécurité, « qui déploient beaucoup d’efforts pour assurer l’efficacité des patrouilles sur nos axes routiers ».

Le procureur Kouyaté a également saisi cette occasion pour remercier toutes les forces de défense et de sécurité, ainsi que les autorités administratives, soulignant que ces succès ne peuvent être attribués à une seule entité. Il a rappelé que la lutte contre la criminalité est un combat constant qui demande une vigilance permanente.

« Le banditisme ne pourra jamais être totalement éradiqué, mais il peut être contrôlé et des mesures palliatives peuvent être trouvées », a-t-il conclu avec lucidité.

Sous son mandat, Mamou a connu un tournant historique dans sa gestion sécuritaire. Là où les populations subissaient régulièrement des actes criminels, la tranquillité a progressivement pu s’installer, offrant un cadre de vie plus sûr aux citoyens.

Le départ du procureur Kouyaté marque la fin d’une phase importante, mais ouvre aussi une nouvelle étape pour le tribunal de Kissidougou, qui va bénéficier de l’expérience et du savoir-faire de ce magistrat expérimenté. Son transfert de Mamou à Kissidougou ne constitue pas seulement un changement administratif, mais symbolise une transition au sein du système judiciaire guinéen, où la continuité dans la lutte contre l’insécurité reste une priorité majeure.

Fort de son expérience concrète face aux défis sécuritaires à Mamou, le procureur Kouyaté est prêt à relever de nouveaux défis pour contribuer à la paix et à la justice dans sa nouvelle juridiction. Quant à la région de Mamou, elle doit poursuivre la consolidation des acquis, afin que les efforts conjoints du parquet, des forces de sécurité et des autorités administratives portent durablement leurs fruits.

Ibrahima Kindia Soumah pour Avenirguinee.org