En cette Journée Internationale de la Photographie, célébrée le 19 août 2025 sous le thème évocateur « Ma photo préférée », lerenifleur224.com est allé à la rencontre de Moustapha Keita, photographe officiel au Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme. Son parcours atypique, entre études en économie et passion pour l’image, symbolise à lui seul les virages imprévus mais riches de sens que peut prendre une vie professionnelle. Titulaire d’un diplôme en économie, rien ne prédestinait Moustapha Keita à devenir photographe. Et pourtant, c’est bien derrière l’objectif qu’il s’épanouit aujourd’hui. « Je remercie aujourd’hui le bon Dieu de m’avoir fait photographe. Ce métier, je n’en ai jamais rêvé. À l’université, on valorise rarement ce qu’on étudie une fois sur le marché du travail », confie-t-il avec une sincérité désarmante. C’est à la fin des années 2010, alors étudiant, que tout a commencé. Armé simplement d’un téléphone, il immortalise son environnement, capte des instants, affine son regard. Une passion naît, puis devient un moyen de subsistance. « Grâce à la photo, j’ai pu subvenir à mes besoins durant mes années universitaires », se souvient-il. Ce qui n’était qu’un coup de pouce devient peu à peu une vocation. Aujourd’hui, Moustapha Keita officie au sein du Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme. Un poste qu’il considère comme une consécration « Si je me vois aujourd’hui en tant que photographe du ministère, c’est un atout pour moi. C’est une vraie joie. » Et pourtant, ce parcours n’a pas été sans questionnements.

« Je me suis souvent demandé si la photographie allait survivre à l’évolution des téléphones. Quand tout le monde a un appareil performant dans sa poche, est-ce qu’on aura encore besoin de nous ? »

Mais la réponse, il l’a trouvée sur le terrain : le métier de photographe ne se limite pas à posséder un bon appareil. Il s’agit de capturer l’émotion, de raconter une histoire, de transmettre un message. Une mission que les téléphones, aussi sophistiqués soient-ils, ne peuvent pas toujours remplir.

S’il admet ne pas avoir encore atteint certains objectifs matériels pas de maison, pas de mariage Moustapha ne se plaint pas.

« Ce que je gagne dans la photographie aujourd’hui, c’est plus que tout. Car dans la vie, on dit que ce sont les relations qui comptent. Et celles que j’ai nouées grâce à ce métier valent de l’or. Aujourd’hui, je peux dire que je n’ai pas d’argent, je n’ai pas construit, je ne suis pas encore marié. Mais ce que je gagne dans la photographie aujourd’hui est plus que tout. La seule raison Parce que dans la vie, on dit d’abord que c’est les relations. La relation que j’ai aujourd’hui est plus que tout pour moi. », affirme-t-il avec conviction.

Comme beaucoup de photographes professionnels, il fait face à un manque de matériel adapté.

« Si j’avais toute la logistique nécessaire, je ferais un travail au-delà de l’entendement », estime-t-il.

Un appel indirect aux autorités et institutions concernées, pour soutenir les talents qui œuvrent souvent dans l’ombre mais participent à la mémoire visuelle de nos sociétés. Moustapha Keita en fait désormais partie. Et si sa photo préférée reste à venir, une chose est sûre : derrière chaque cliché qu’il capture se cache une histoire de résilience, de passion et de foi en l’avenir.

La Journée Internationale de la Photographie, instaurée en 2010 par l’Australien Korske Ara, commémore l’invention du daguerréotype, dévoilé le 19 août 1839 à Paris. Depuis, cette date symbolique rassemble des millions de passionnés autour du monde, unis par l’amour de l’image.

 

Par Rama Fils, pour lerenifleur224.com