À l’occasion du débat général de la 81ᵉ session ordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies, le Président de la République de Guinée, S.E. Mamadi Doumbouya, a présenté devant la communauté internationale les principales transformations engagées par son pays, tout en plaidant pour des modèles de gouvernance et de développement davantage adaptés aux réalités propres aux États africains.

Prenant la parole devant les chefs d’État et de gouvernement, le chef de l’État guinéen a d’abord adressé ses félicitations au président de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale, ainsi que ses salutations au Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, pour son action à la tête de l’Organisation.

Une nouvelle Constitution présentée comme un choix souverain

Dans son intervention, Mamadi Doumbouya est revenu sur le processus institutionnel engagé en Guinée. Il a notamment évoqué l’adoption d’une nouvelle Constitution, présentée comme le résultat d’un processus national visant à prendre en compte l’histoire, la diversité et les réalités socioculturelles du pays.

Selon le Président guinéen, cette nouvelle Loi fondamentale entend notamment renforcer la représentation des territoires et des communautés et consacrer la diversité linguistique, religieuse et culturelle comme un élément de cohésion nationale.

La Guinée met en avant son cycle électoral

Le chef de l’État a également souligné l’organisation du cycle électoral et la mise en place des institutions qui en découlent, affirmant que leur financement a été assuré intégralement par le Trésor public guinéen.

Il a présenté cette expérience comme l’illustration, selon lui, de la capacité d’un État africain à mobiliser ses propres ressources pour organiser ses processus électoraux.

Routes, Simandou, raffineries : les grands chantiers mis en avant

Dans le domaine économique et infrastructurel, le Président Doumbouya a dressé un bilan des réalisations que son gouvernement attribue aux dernières années.

Il a notamment cité la réalisation de plus de mille kilomètres de routes bitumées, la construction d’écoles et d’hôpitaux ainsi que plusieurs projets industriels liés à la transformation des ressources minières.

Au cœur de cette présentation figure le mégaprojet Simandou, présenté par le chef de l’État comme un projet majeur combinant exploitation minière et développement des infrastructures.

La Guinée met également en avant la construction de trois raffineries d’alumine ainsi que l’achèvement annoncé d’une importante raffinerie d’or.

« Simandou 2040 », une ambition de transformation structurelle

Mamadi Doumbouya a également présenté le programme Simandou 2040, conçu comme un programme de développement socio-économique à long terme.

Selon le chef de l’État, cette initiative ne doit pas être limitée au secteur minier. Elle vise également à soutenir le développement des infrastructures, de l’agriculture, de l’énergie, de l’éducation, de la santé et de l’industrie.

Une attention particulière a été accordée à la jeunesse, présentée comme la principale richesse du pays. Le Président guinéen a évoqué la nécessité de renforcer la formation professionnelle, l’employabilité et l’entrepreneuriat des jeunes, notamment à travers l’initiative Simandou Academy.

Pour une coopération internationale fondée sur la souveraineté

Au-delà du bilan national, le discours présidentiel a porté sur la question des modèles de gouvernance et de développement en Afrique.

Mamadi Doumbouya a défendu l’idée que les États doivent pouvoir adapter leurs institutions et leurs politiques publiques à leurs réalités historiques, sociales et culturelles. Il a cité l’expérience de plusieurs pays d’Asie et du Proche-Orient pour illustrer, selon lui, les possibilités offertes par des modèles de développement construits à partir des réalités nationales.

Cette position, a-t-il précisé, ne constitue pas un rejet de la coopération internationale. Le Président guinéen a plutôt plaidé pour un partenariat renouvelé, fondé sur la souveraineté, le respect mutuel et la « co-construction gagnant-gagnant ».

La Guinée réaffirme son ouverture internationale

En conclusion de son intervention, le chef de l’État a assuré que la République de Guinée entend poursuivre son engagement au sein de la communauté internationale, dans le respect du droit international et de la Charte des Nations Unies.

« La République de Guinée avance. Elle avance avec ses propres moyens, sur la base de ses propres choix, au service de son propre peuple », a déclaré Mamadi Doumbouya, estimant que l’expérience guinéenne pourrait contribuer à alimenter la réflexion internationale sur les différentes voies de développement du continent africain.

À travers cette intervention à la tribune de l’ONU, le Président guinéen a ainsi placé au centre de son message la souveraineté nationale, la transformation économique, les infrastructures, la valorisation des ressources naturelles et la recherche d’un modèle de développement adapté aux réalités africaines.