Chaque pierre qui s’effrite à Boffa, chaque mur qui s’écroule, est un pan de notre mémoire qui disparaît. Le site historique d’esclavage de Boffa n’est pas seulement un vestige : il est la preuve tangible des souffrances infligées à des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants arrachés à leur terre. Le laisser tomber en ruine, c’est laisser mourir une histoire que nous devons raconter, encore et encore.
Nous ne pouvons pas accepter que ce lieu, témoin d’un crime contre l’humanité, disparaisse dans l’indifférence. Restaurer Boffa, c’est rendre justice à nos ancêtres, c’est transmettre à nos enfants la vérité sur notre passé, pour qu’aucune génération ne puisse dire : “Je ne savais pas”.
Au-delà du devoir de mémoire, la restauration de ce site est une opportunité. Une opportunité économique, car le tourisme historique et culturel est une source durable de revenus et d’emplois. Une opportunité éducative, car chaque visite peut devenir une leçon vivante sur la dignité humaine, la résilience et la paix. Une opportunité identitaire, car connaître son histoire, c’est renforcer sa place dans le monde.
La Guinée sait mobiliser des ressources pour restaurer mosquées et églises, symboles puissants de notre foi et de notre culture. Mais la mémoire de l’esclavage est, elle aussi, un héritage sacré : elle nous unit dans la douleur, mais aussi dans la force de ceux qui ont survécu. La négliger, c’est renier une part de notre âme collective.
Boffa n’a pas besoin de notre pitié. Boffa a besoin de notre engagement, maintenant. C’est à nous, citoyens, décideurs, acteurs culturels, de porter cette cause et d’exiger sa restauration. Car protéger Boffa, c’est protéger notre histoire, notre dignité et notre avenir.


