À moins de deux semaines de l’élection présidentielle prévue le 28 décembre 2025, la Cour suprême de Guinée a lancé, ce samedi 13 décembre à Coyah, un atelier de renforcement des capacités à l’intention de ses magistrats et greffiers. Organisée sur trois jours, cette rencontre s’inscrit dans la dynamique de sécurisation juridique et institutionnelle du processus électoral, afin d’en garantir la transparence, la crédibilité et la conformité aux textes en vigueur.

Initiée par la plus haute juridiction du pays en partenariat avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), la formation vise plusieurs objectifs majeurs. Il s’agit notamment de clarifier les attributions de la Cour suprême dans le processus électoral, d’harmoniser la compréhension et l’interprétation du cadre juridique applicable au contentieux électoral, mais aussi d’outiller les magistrats sur les techniques d’analyse des requêtes, le traitement des dossiers et la motivation des décisions.

Durant ces trois jours de travaux, magistrats et greffiers échangeront avec des experts autour de thématiques clés telles que la procédure de saisine et les délais légaux, la gestion du contentieux post-électoral, la proclamation des résultats définitifs, ainsi que les techniques de recevabilité, d’instruction et de délibération des requêtes. Le rôle du greffe dans le circuit des documents électoraux de l’enregistrement à l’archivage et les normes internationales de justice électorale figurent également au programme.

Dans son discours d’ouverture, le Premier président de la Cour suprême, Fodé Bangoura, a rappelé la responsabilité déterminante de l’institution dans le bon déroulement des élections.

« Les élections constituent un moment majeur de la vie démocratique de notre pays. La Cour suprême se trouve investie d’une responsabilité essentielle : garantir la régularité, la transparence et la crédibilité des opérations électorales », a-t-il déclaré.

Insistant sur l’urgence et la sensibilité du contentieux électoral, il a souligné la nécessité d’une mobilisation technique renforcée et d’une harmonisation des approches, afin de répondre aux attentes républicaines. De son côté, Mohamed Lamine Diallo, Avocat général près la Cour suprême, a mis en avant l’importance de cette formation à l’approche d’un scrutin majeur. Selon lui, il s’agit de permettre aux magistrats et greffiers de s’approprier les mécanismes nationaux et internationaux encadrant l’organisation d’une élection présidentielle crédible et apaisée.

La dimension financière du processus électoral n’a pas été occultée. Mamadou Saliou Diallo, Commissaire général du gouvernement près la Cour des comptes, a rappelé le rôle de son institution dans le contrôle des comptes de campagne électorale. Il a précisé que les partis et mouvements politiques sont tenus de produire des justificatifs de dépenses, sur lesquels la Cour des comptes aura à se prononcer après la proclamation des résultats.

Enfin, le chef de greffe de la Cour suprême, Honoré Loua, a souligné le rôle central du greffe dans le traitement du contentieux électoral. Chargé de la réception, de l’enregistrement et de la transmission des requêtes, le greffe constitue, selon lui, « le maillon essentiel » du dispositif juridictionnel électoral, sur lequel repose la fiabilité de toute la procédure.

À l’approche de la présidentielle du 28 décembre 2025, cet atelier apparaît comme une étape stratégique pour la Cour suprême de Guinée. En renforçant les compétences techniques et juridiques de ses magistrats et greffiers, l’institution entend se préparer à relever les défis d’un contentieux électoral souvent décisif pour la stabilité démocratique. Une initiative qui traduit la volonté des autorités judiciaires de jouer pleinement leur rôle de garant de l’État de droit et de la confiance des citoyens dans le processus électoral.