Le procureur spécial près la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), Alphonse Charles Wright, a reçu, ce samedi 24 octobre 2026, au Rwanda, une distinction honorifique récompensant son engagement dans le domaine de la justice, de la transparence et de la moralisation de la vie publique. À cette occasion, le magistrat a tenu à dédier cette reconnaissance au président de la République de Guinée, Mamadi Doumbouya.

En déplacement au Rwanda, le procureur spécial près la CRIEF, Alphonse Charles Wright, a été honoré du prix de « Meilleur Acteur Africain de la Justice, de la Transparence et de la Moralisation de la Vie publique ». Une distinction qu’il a accueillie en mettant en avant la dimension institutionnelle de cette reconnaissance et sa volonté de l’inscrire dans les efforts engagés en Guinée en matière de gouvernance et de lutte contre la corruption.

Dans sa réaction après la remise du prix, le magistrat a déclaré : « Cette distinction n’est pas la mienne. Elle revient au Président de la République, Son Excellence Mamadi Doumbouya. »

À travers cette déclaration, Alphonse Charles Wright a souhaité associer le chef de l’État à cet hommage, en référence aux orientations affichées par les autorités guinéennes en faveur de la lutte contre les infractions économiques et financières et de la moralisation de la gestion publique.

Un parcours judiciaire marqué par des dossiers majeurs

Magistrat de carrière, Alphonse Charles Wright a occupé plusieurs fonctions au sein de l’appareil judiciaire guinéen, notamment celles de procureur général près la Cour d’appel de Conakry, avant d’être nommé ministre de la Justice et des Droits de l’Homme en juillet 2022.

Durant son passage à la tête de ce département, jusqu’en février 2024, il a placé la lutte contre l’impunité, la corruption, l’amélioration de l’accès à la justice et la protection des droits humains parmi ses principales priorités.

Son passage au ministère a notamment été marqué par la préparation de documents de politique pénale et pénitentiaire, ainsi que par la poursuite des efforts visant à renforcer le fonctionnement des juridictions et des établissements pénitentiaires. Il a également défendu la tenue du procès des événements du 28 septembre 2009, une étape majeure dans le traitement judiciaire de ce dossier historique en Guinée.

La modernisation de l’administration judiciaire, la formation des magistrats et des agents pénitentiaires, l’organisation d’audiences criminelles et la lutte contre les violences faites aux femmes et aux mineures figuraient également parmi les chantiers mis en avant durant son mandat.

À la tête du parquet spécial de la CRIEF

Après avoir exercé les fonctions de premier président de la Cour d’appel de Conakry, Alphonse Charles Wright a été nommé procureur spécial près la CRIEF en avril 2026. À ce poste, il a réaffirmé sa détermination à poursuivre les auteurs présumés d’infractions économiques et financières, sans distinction de statut, dans le respect des procédures judiciaires.

Cette nouvelle responsabilité le place au cœur des enjeux liés à la lutte contre la corruption, au détournement présumé des deniers publics et à la transparence dans la gestion des affaires publiques.

Sa distinction au Rwanda intervient ainsi dans un contexte où la coopération judiciaire africaine et l’échange d’expériences entre institutions occupent une place importante dans la lutte contre la criminalité économique et financière.

Au-delà de l’honneur personnel, le prix constitue, selon la déclaration du magistrat, une reconnaissance qu’il souhaite partager avec les institutions de son pays et les orientations nationales en matière de justice et de gouvernance.

Reste que la portée de cette distinction devra également s’apprécier à l’aune des résultats concrets obtenus dans la conduite des procédures, du respect des garanties judiciaires et du renforcement de la confiance des citoyens dans les institutions de justice.

 

Par, Ousmane Bony