La Maison centrale de Conakry a accueilli, ce vendredi 29 août 2025, une initiative solidaire majeure en faveur des femmes incarcérées. Ces dernières ont reçu un important lot de kits d’hygiène comprenant des serviettes hygiéniques, du savon, des brosses à dents, des dentifrices ainsi que des lingettes nettoyantes. Cette action vise à améliorer les conditions sanitaires des détenues, souvent confrontées à des difficultés d’accès aux produits de première nécessité.
Cette opération humanitaire s’inscrit dans le cadre du projet ‘’Agir pour la santé des femmes en conflit avec la loi’’, porté par l’Association Guinéenne pour la Promotion de l’Action Sociale et le Développement Durable (AGPASDD) en partenariat avec NSIA Group, sous le slogan évocateur : ‘’L’hygiène, un droit pour toutes’’. Pour cette deuxième édition, l’initiative s’est étendue aux femmes incarcérées dans les locaux de la Maison centrale, située à Coronthie, dans la commune de Kaloum.
La cérémonie de remise s’est tenue en présence de l’administration pénitentiaire, de partenaires techniques et de plusieurs invités. L’objectif affiché par les organisateurs est clair : renforcer l’hygiène, la dignité et l’autonomisation des femmes en détention, tout en œuvrant pour une meilleure réinsertion sociale post-carcérale.
Mohamed Lamine Touré, président de l’AGPASDD, a salué l’engagement des autorités guinéennes pour l’amélioration des conditions carcérales et mis en avant le rôle essentiel de la société civile dans ce processus. Il a exprimé sa gratitude envers le Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, ainsi que le personnel de la Maison centrale, sans oublier l’appui décisif du Groupe NSIA.
«Nous saluons et remercions le Gouvernement guinéen, qui ne ménage aucun effort pour l’amélioration des conditions de détention dans notre pays. La rénovation, la construction et l’équipement des établissements pénitentiaires témoignent de cette volonté de bâtir un système carcéral plus humain, plus respectueux des droits et plus adapté aux besoins des détenus. Nous tenons également à souligner le climat de liberté et de responsabilité dans lequel évoluent les organisations de la société civile en Guinée. Cette liberté d’action s’accompagne de l’accompagnement des autorités, constitue un socle essentiel pour des initiatives citoyennes comme la nôtre. Nos sincères remerciements vont au Ministère de la Justice et des droits de l’homme, à travers la Direction Nationale de l’Administration Pénitentiaire, pour son accompagnement constant. » A-t-il declaré devant l’assistance.
De son côté, Abdoul Gadiri Diallo, représentant de la directrice générale de NSIA Group, a souligné l’importance de telles actions pour renforcer le lien entre les entreprises et la société :
« Distribuez ces kits d’hygiène aujourd’hui pour ces dames, nos sœurs. Nous estimons en tout cas que l’hygiène des femmes n’est pas un luxe. C’est un droit fondamental, et en tant que tel, nous estimons qu’il est tout à fait normal que nous venons accompagner nos sœurs, ces détenues, dans cette période ou dans cette phase qu’elles traversent. Nous espérons que ce n’est que le premier pas dans d’autres aventures que nous allons avoir éventuellement ensemble avec notre association. Nous prenons l’engagement d’œuvrer auprès de notre hiérarchie pour faire en sorte que ce soit des actions qui se réalisent dans le temps et au niveau national. Nous vous réitérons encore notre engagement à accompagner cette couche vulnérable-là, qui se trouve en droite ligne des valeurs, encore une fois, de notre groupe, qui s’inscrit dans le cadre de la solidarité, dans le cadre de l’entraide. Parce que pour nous, il ne suffit pas seulement de faire du business dans l’environnement, mais aussi de reverser les fruits de ce business-là à tout l’écosystème dans lequel nous évoluons. »
Le Colonel Mamady Kondé, Directeur national adjoint de l’Administration pénitentiaire, a pour sa part insisté sur l’importance de la réinsertion par la formation et l’acquisition de compétences professionnelles. Il a évoqué les efforts en cours pour que les formations dispensées en milieu carcéral soient sanctionnées par des diplômes reconnus, dans le but de lutter contre la récidive et favoriser une réintégration efficace des anciens détenus.
« C’est eux-mêmes qui ont décidé de nous venir en aide. (Association ndlr) C’est-à-dire que quand on quitte la prison, il ne faut pas aller s’asseoir au domicile et croiser les bras. Donc c’est encore bannir la récidive, bannir la délinquance. Donc pour freiner à ce fléau, il faut leur donner un métier ici à l’intérieur. Pour qu’à leur sortie, ils puissent se prendre en charge. J’ai beaucoup d’exemples par rapport à ça. Quand M. le régisseur qui est là, il était à Kankan, il a lancé les mêmes actions, les mêmes activités de réinsertion, aujourd’hui, je connais 3, 4 personnes qui sont sorties de la prison, qui sont en train de se prendre aujourd’hui en charge. Ça, c’est grâce à l’administration pénitentiaire. (…) Quand les détenus sont initiés à ça, et d’ailleurs, nous sommes en train de prendre la disposition pour que leur formation soit reconnue au niveau du ministère de l’enseignement technique et professionnel, pour qu’après leur formation ici, il y ait un diplôme reconnu par l’État. » Soutien-t-il
Cette distribution de kits hygiéniques n’est pas un geste isolé, mais bien le prélude à une campagne d’envergure nationale. Déjà, des actions similaires sont prévues dans les maisons d’arrêt de Coyah et Dubréka, avec pour ambition d’atteindre toutes les régions du pays. À travers cette initiative, l’AGPASDD et ses partenaires posent les jalons d’une justice plus humaine et inclusive, où chaque femme même en détention conserve son droit fondamental à la dignité, à la santé et à l’espoir.
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