La ville de Siguiri a accueilli, ce mercredi, une forte délégation du ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, conduite par le Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory II TOUNKARA. Cette visite s’inscrit dans le cadre d’une tournée entamée depuis le début de la semaine dans plusieurs juridictions et établissements pénitentiaires de la Haute-Guinée, notamment à Kouroussa et à Dabola.

Accompagné de membres de son cabinet, de directeurs nationaux et généraux ainsi que de plusieurs chefs de services, le ministre a entamé sa visite par une rencontre avec le patriarche de Siguiri.

Devant les sages de la localité, Ibrahima Sory II TOUNKARA a expliqué les objectifs de sa mission, effectuée sur instruction du président de la République, Mamadi DOUMBOUYA. La rencontre s’est achevée par des prières et des bénédictions en faveur de la paix et de la quiétude en Guinée.

Après cette étape, la délégation ministérielle s’est rendue à la maison d’arrêt de Siguiri. Le ministre de la Justice y a effectué une visite des locaux afin de s’enquérir des conditions de détention des personnes incarcérées et du fonctionnement de l’administration pénitentiaire.

Ibrahima Sory II TOUNKARA a notamment constaté l’avancement de plusieurs travaux destinés à améliorer les conditions de détention. Trois nouveaux blocs récemment inaugurés permettent notamment d’accueillir des détenus.

Le ministre a également insisté sur la nécessité d’accélérer le traitement des dossiers judiciaires. Il a demandé aux procureurs de veiller à l’audiencement rapide des affaires et aux juges d’instruction de privilégier, lorsque les conditions légales le permettent, les mesures alternatives à la détention, notamment le contrôle judiciaire.

Selon lui, le principe doit rester celui de la liberté, la détention constituant une exception prévue par la loi.

La délégation s’est ensuite rendue au Tribunal de première instance de Siguiri, où le ministre a échangé avec les magistrats et les autres acteurs de la chaîne judiciaire, en présence des autorités administratives locales.

Au cours de cette rencontre, le Garde des Sceaux a transmis aux acteurs judiciaires le message du chef de l’État relatif à la nécessité d’améliorer le fonctionnement de la justice.

« Il faut que le fonctionnement de la justice change. Il faut que la justice soit accessible. Il faut que la justice puisse rendre justice conformément aux aspirations du peuple de Guinée », a déclaré Ibrahima Sory II TOUNKARA.

Le ministre a particulièrement insisté sur la question des frais de justice. Il a demandé au président du tribunal de faire afficher les tarifs officiels des différents actes judiciaires, ceux-ci étant fixés par arrêté conjoint du ministre de la Justice et de celui chargé des Finances.

La question des frais de transport judiciaire a également été évoquée. Pour le ministre, des coûts trop élevés peuvent constituer un obstacle au traitement des procédures lorsque les justiciables ne sont pas en mesure de les supporter.

Tout en demandant des changements sur ces différents aspects, Ibrahima Sory II TOUNKARA a reconnu les efforts fournis par les acteurs de la justice ainsi que les difficultés auxquelles ils sont confrontés. Il a assuré qu’il œuvrerait à la recherche de solutions aux problèmes soulevés.

En sa qualité de ministre chargé également des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory II TOUNKARA a placé la question de l’humanisation des établissements pénitentiaires au centre de sa visite. Il a indiqué que les travaux engagés à la maison d’arrêt de Siguiri s’inscrivent dans cette dynamique.

Il a également évoqué la mesure de grâce intervenue le 2 octobre, qui, selon lui, comporte un volet consacré à la réinsertion sociale des bénéficiaires.

Les personnes concernées doivent ainsi être orientées vers un dispositif destiné à leur assurer un encadrement civique et à favoriser leur réinsertion dans la société, avec pour objectif de leur permettre de retrouver une vie sociale et de devenir des citoyens pleinement réintégrés.

À travers cette étape de Siguiri, la tournée du ministre de la Justice et des Droits de l’Homme met en lumière plusieurs priorités : rapprocher la justice des citoyens, améliorer la transparence sur les frais judiciaires, accélérer le traitement des dossiers, favoriser les mesures alternatives à la détention et poursuivre l’amélioration des conditions carcérales.

La visite aura également permis aux autorités judiciaires locales de présenter leurs difficultés et de recevoir les orientations du département de la Justice en vue d’un meilleur fonctionnement de la chaîne judiciaire.