En application du décret présidentiel du 21 octobre 2026 portant nomination de magistrats dans les cours et tribunaux du pays, Kaman Théophile Magloire Kouadio a été installé dans ses fonctions de président du Tribunal de commerce de Conakry, ce lundi 26 octobre 2026, par l’Inspecteur général des services judiciaires et pénitentiaires. La cérémonie de passation de service entre le président entrant et son prédécesseur, Sékou Kandé, s’est déroulée dans une atmosphère empreinte de solennité, en présence de plusieurs personnalités du monde judiciaire, ainsi que des amis et proches des deux magistrats.
Sékou Kandé dresse le bilan de son passage à la tête du tribunal
Pour le président sortant, cette passation de service constitue une étape importante dans la vie institutionnelle du Tribunal de commerce de Conakry, créé en juillet 2017 et mis en activité en avril 2019.
« Cette cérémonie constitue un moment important dans la vie institutionnelle de notre juridiction, créée en juillet 2017 et mise en activité en avril 2019, au regard des fortes attentes des justiciables du secteur des affaires et des recommandations pressantes de nos partenaires techniques. Elle traduit non seulement la continuité de l’administration judiciaire, mais également l’attachement de nos plus hautes autorités aux principes du service public », a fait remarquer Sékou Kandé.
Poursuivant son intervention, le président sortant a rendu hommage au président de la République, également président du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), ainsi qu’au Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, pour la confiance placée en lui.
« Je voudrais ici rendre mes hommages au président de la République, président du Conseil supérieur de la magistrature, et au Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, qui ont bien voulu m’élever, après quatre années entières à présider le Tribunal de commerce de Conakry, à la haute fonction de président de chambre civile et économique à la Cour d’appel de Conakry », a-t-il déclaré.
Revenant sur son bilan, Sékou Kandé a souligné les efforts déployés pour assurer le bon fonctionnement de la juridiction, dans un contexte marqué par des contraintes matérielles et logistiques.
« Durant la période au cours de laquelle j’ai eu l’honneur de présider le Tribunal de commerce de Conakry, je me suis efforcé, conformément à mes attributions et avec les moyens matériels et logistiques disponibles, ainsi qu’avec le concours de mes collaborateurs, magistrats, greffiers et juges consulaires, d’assumer cette responsabilité avec un sens élevé du devoir.
Ma préoccupation quotidienne a été de contribuer au bon fonctionnement de la juridiction, au respect des règles de procédure, à la qualité du service rendu aux justiciables, ainsi qu’au maintien d’un environnement professionnel fondé sur l’entente et la discipline.
Je ne prétends pas avoir tout réalisé ni avoir répondu à toutes les attentes légitimes des justiciables, de mes collaborateurs directs et du personnel d’appui. Toutefois, je quitte cette juridiction avec la conviction d’avoir exercé mes responsabilités avec la volonté de servir l’institution, de renforcer son rayonnement dans le milieu judiciaire guinéen et de la hisser encore plus haut. Les résultats obtenus grâce à cette dynamique d’équipe parlent d’eux-mêmes », a-t-il affirmé.
Le magistrat a également exprimé sa profonde gratitude à l’ensemble des acteurs ayant contribué à la marche de la juridiction.
« Je voudrais, à cette occasion, exprimer ma profonde gratitude à l’ensemble des magistrats, au chef du greffe, aux greffiers et greffières, aux juges consulaires ainsi qu’à tout le personnel du Tribunal de commerce de Conakry. Leur disponibilité, leur collaboration et leur loyauté ont contribué aux résultats aujourd’hui reconnus par l’ensemble des acteurs judiciaires. Sans chacun d’eux, nous ne serions parvenus à rien », a-t-il souligné.
Des félicitations au successeur et un appel à poursuivre la modernisation
S’adressant à son successeur, Sékou Kandé lui a renouvelé ses félicitations, tout en réaffirmant son attachement à cette juridiction à laquelle il a consacré quatre années de service.
« Je profite de cette tribune pour vous adresser, encore une fois, et de manière plus solennelle, mes vives félicitations pour votre nomination à cette fonction combien passionnante, mais aussi combien exigeante, de président de notre juridiction. Je dis bien “notre”, puisque, même administrativement parti, je reste profondément attaché au Tribunal de commerce, dont j’ai modestement participé à l’éclosion, il y a huit ans, dans des conditions difficiles, sous la houlette d’un homme qu’il convient de saluer aujourd’hui : mon propre prédécesseur à ce poste, le président Pierre Lamah.
Votre nomination, plus que logique et méritée, me donne l’assurance que nos chantiers, nos projets et nos ambitions, conçus ensemble, seront maintenus », a-t-il déclaré.
Avant de conclure, le président sortant a formulé une recommandation particulière à l’endroit de son successeur : poursuivre le processus de digitalisation de la juridiction.
« Au moment où je m’apprête à transmettre les responsabilités de président du Tribunal de commerce de Conakry, il y a une recommandation particulière que j’aimerais faire à mon illustre successeur : celle de poursuivre l’œuvre de digitalisation en cours. Ce projet, qui me tient vraiment à cœur, rehaussera à terme la compétitivité de notre juridiction et lui permettra de se mesurer à ses homologues d’Afrique francophone, singulièrement ceux des pays membres de l’OHADA », a-t-il conclu.
Kaman Kouadio place son mandat sous le signe de l’indépendance et de la modernisation
Prenant la parole à son tour, le nouveau président du Tribunal de commerce de Conakry a exprimé sa gratitude aux autorités ayant contribué à sa nomination, tout en mesurant la responsabilité qui lui incombe.
« Je veux d’abord exprimer ma gratitude à Monsieur le président de la République, qui, par décret, m’a fait l’honneur de me nommer président du Tribunal de commerce de Conakry. Cette confiance est un grand honneur, mais surtout un engagement. Je m’efforcerai d’en être digne, au service de la justice et de la Nation.
Je remercie également Monsieur le ministre de la Justice et Garde des Sceaux, ainsi que l’ensemble des membres du Conseil supérieur de la magistrature, qui ont accompagné cette nomination », a-t-il déclaré.
Kaman Théophile Magloire Kouadio a ensuite rendu un hommage appuyé à son prédécesseur, saluant son leadership, sa rigueur et les acquis laissés à la juridiction.
« Je voudrais également rendre un hommage appuyé à mon prédécesseur, mon aîné, Monsieur le président Sékou Kandé. Vous avez dirigé cette juridiction avec rigueur, dignité et un sens élevé de l’institution. Vous m’avez presque tout appris, grâce à vos conseils, à votre écoute et surtout à vos orientations. Vous laissez une maison debout, structurée et respectée. Je mesure l’ampleur de cet héritage et je m’engage à le préserver et à le faire fructifier. Soyez assuré de ma reconnaissance et de mon estime. Le Tribunal de commerce gardera toujours une place de choix pour vous », a-t-il affirmé.
Le nouveau président a également rappelé qu’il connaît bien cette juridiction pour y avoir exercé pendant quatre ans les fonctions de président de section, sous la direction successive de Pierre Lamah et de Sékou Kandé.
« Je ne découvre pas cette maison. Pendant quatre ans, j’ai eu l’honneur d’y servir en qualité de président de section. Auprès, d’abord, du premier président Pierre Lamah, à qui je voudrais rendre un hommage particulier, puis du président Sékou Kandé, j’ai appris l’exigence du droit des affaires, la patience de l’écoute et le poids de chaque décision, derrière laquelle il y a toujours une entreprise, des emplois et des familles.
Je suis reconnaissant envers mes collègues magistrats, les greffiers et l’ensemble du personnel avec lesquels j’ai partagé ces années de labeur. Beaucoup d’entre vous sont devenus plus que des collaborateurs : des compagnons de route. Aujourd’hui, je change de fonction, mais pas de famille », a-t-il déclaré.
Une justice commerciale au service de l’économie guinéenne
Dans son discours d’orientation, Kaman Théophile Magloire Kouadio a rappelé la place stratégique du Tribunal de commerce dans l’architecture judiciaire et dans le développement économique du pays.
Selon lui, cette juridiction joue un rôle essentiel dans le règlement des litiges entre commerçants, l’accompagnement des entreprises en difficulté et la sécurisation des transactions commerciales.
Il a également souligné l’importance du droit de l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (OHADA), auquel la Guinée est partie prenante, dans la consolidation de la confiance des investisseurs, la création d’emplois et le développement économique.
« Un investisseur ne s’installe durablement que là où il sait que son contrat sera respecté et que son litige sera tranché rapidement, équitablement et en toute indépendance », a-t-il fait observer.
Pour répondre à ces exigences, le nouveau président entend articuler son action autour de plusieurs principes fondamentaux : l’indépendance et l’impartialité des juges, l’intégrité, la célérité dans le traitement des dossiers, la qualité des décisions judiciaires, la modernisation des procédures et le dialogue avec les différents acteurs du monde judiciaire et économique.
Il a notamment insisté sur la nécessité de renforcer la formation continue, d’améliorer la motivation des décisions, de consolider les conditions de travail et de développer les outils numériques afin de rapprocher davantage la justice de ses usagers.
Le dialogue avec le barreau, les auxiliaires de justice, les chambres consulaires et les acteurs économiques figure également parmi les priorités annoncées.
Conscient de l’ampleur de la mission, Kaman Kouadio a lancé un appel à la mobilisation collective des magistrats, du personnel du greffe et de l’ensemble des agents de la juridiction.
« Je n’ai pas la prétention de tout réussir seul. J’en appelle à la collaboration de chacun d’entre vous. C’est ensemble, dans un esprit d’équipe, de respect mutuel et de loyauté, que nous ferons du Tribunal de commerce de Conakry une juridiction de référence », a-t-il insisté.
À cette occasion, il a salué l’engagement de ses collègues magistrats, notamment Mamoudou Camara, Doua Guilavogui, Hadja Sayon Traoré, Fodé Mamoudou Koket Camara et Oumar Diallo, ainsi que celui du chef de greffe, Me Abdoulaye Yarie Soumah, des greffiers et de l’ensemble du personnel administratif. Il a également présenté ses condoléances à Alseny Fofana, endeuillé par le décès de son père.
Un hommage à sa famille et à ses proches
Pour terminer son intervention, le nouveau président du Tribunal de commerce de Conakry a tenu à exprimer sa reconnaissance à sa famille, en particulier à sa mère, Delphine Akoi Gouavogui, qui n’a malheureusement pas pu effectuer le déplacement, ainsi qu’à son épouse, Joséphine Zoumanigui, pour leurs prières, leur éducation, leur accompagnement et leur soutien constant.
Il a également remercié ses oncles, ses tantes, ses amis et ses proches pour leur présence à cette cérémonie solennelle.
« Je remercie ma chère maman Delphine Akoi Gouavogui, dont les prières, l’encadrement et l’éducation m’ont permis d’être ce que je suis aujourd’hui, ainsi que ma tendre épouse Joséphine Zoumanigui, dont les prières et le soutien discret et constant m’ont permis d’arriver jusqu’ici. Je remercie enfin chacun de vous, mes proches et mes amis, pour votre présence, qui honore cette cérémonie », a-t-il déclaré.
Il a conclu son discours par une invocation : « Que Dieu bénisse la Guinée et guide nos pas dans l’accomplissement de notre mission. »
Avec cette passation de service, le Tribunal de commerce de Conakry ouvre une nouvelle étape de son parcours institutionnel. Entre continuité des acquis, renforcement de l’efficacité judiciaire et accélération de la digitalisation, le nouveau président affiche sa volonté de consolider la confiance des justiciables et de faire de cette juridiction un acteur majeur de la sécurité juridique et du développement économique en Guinée.
Par, Ousmane Bony Sylla




