Dans la préfecture de Boké, la recrudescence des vols de bétail et la destruction des champs agricoles suscitent une vive inquiétude au sein des communautés rurales. Face à cette situation devenue préoccupante dans plusieurs sous-préfectures, le Procureur de la République près le Tribunal de première instance (TPI) de Boké, Amadou Diallo, a décidé de passer à l’action.

Le vendredi 11 avril 2026, le magistrat a rencontré la corporation des éleveurs issus des neuf collectivités locales de la préfecture. Cette rencontre, placée sous le signe de la convivialité, de la fraternité et de la solidarité, visait principalement à restaurer et consolider le climat de paix sociale dans la région.

Au cours de cette séance d’information et de sensibilisation, le Procureur a dressé un constat alarmant de la situation. « Nous avons discuté des sujets liés, entre autres, à la dévastation des récoltes, aux dommages causés aux animaux ainsi qu’aux vols de bétail et infractions similaires qui assaillent le secteur », a-t-il déclaré.

Dans une démarche préventive, Amadou Diallo a exhorté la direction préfectorale de l’élevage à accélérer la délivrance des carnets d’identification du bétail aux présidents des districts. Cette mesure vise à renforcer la traçabilité des animaux et à promouvoir de meilleures pratiques dans le secteur.

Le magistrat a également insisté sur le respect des normes sanitaires et légales, invitant les éleveurs à éviter l’abattage clandestin en brousse. « Chaque animal doit être identifiable. Il est impératif d’exercer dans la légalité afin de préserver la santé des consommateurs », a-t-il martelé.

Dans un ton ferme, le Procureur a mis en garde contre toute tentative de dissimulation. « Désormais, si nous interceptons un animal en provenance d’une sous-préfecture sans tête ni peau, les convoyeurs ainsi que leurs mandants seront interpellés », a-t-il averti devant les médias locaux.

Présent à cette rencontre, le Chef de Cabinet du Gouvernorat de Boké, Alsény Barry, a salué l’initiative du parquet. Il a, à son tour, invité les éleveurs à se conformer strictement aux nouvelles directives afin de garantir la sécurité, la cohésion sociale et la stabilité dans la préfecture.

À travers cette initiative, les autorités judiciaires de Boké entendent ainsi endiguer un phénomène qui menace à la fois les moyens de subsistance des populations et la paix sociale dans cette importante zone agro-pastorale du pays.

Par Mamadouba Camara